Cours de sociologie politique 1ère année 1er semestre 1ère partie

Cours de SP du 9/10/2002 ( Sociologie politique ) au 29/10/02


Première partie : l'organisation politique de la cité


Intro : La vie dans la cité contemporaine s'organise, s'articule largement par rapport à l'organisation politique. En effet, celle-ci conditionne désormais les autres domaines de la vie en société. L'organisation politique est d'abord représenté par un cadre politique à l'intérieur duquel vont se dérouler la vie politique ainsi que toutes les relations sociales.



Chapitre 1 ; Le pouvoir


La notion de pouvoir est une notion indéterminée. Le pouvoir est défini comme étant un concept figé, une entité. Le pouvoir est le fait de disposer des moyens naturels ou occasionnels qui permettent une action. C'est donc une possibilité ou encore une faculté d'agir, c'est aussi la capacité de faire quelque chose tout en respectant les autres, c'est aussi un droit reconnu à toute personne, c'est aussi le pouvoir d'agir sur quelque chose. Chacun de nous est titulaire d'une parcelle de pouvoir.


Section 1 : Le pouvoir et l'Etat


Il existe entre le pouvoir et l'Etat des relations normales. L'Etat contemporain se présente comme étant une institution, une personne morale, différente de la personne physique.


I/ Le Pouvoir de l'Etat


A/ L'Etat, une réalité essentielle

Selon la définition classique de la notion d'Etat, celui-ci est un mode d'organisation des hommes avec une certaine répartition du pouvoir, ce qui ne veut pas dire que l'Etat est la seule forme d'organisation du pouvoir. Il en existe d'autres, comme par exemple les institutions publiques.
De même, la religion est aussi considérée comme étant un mode d'organisation du pouvoir.
A la différence des institutions publiques, l'Etat est devenu ajd'hui la forme d'organisation du pouvoir la plus importante et devient ainsi le centre de la réflexion politique. Il est considéré par certains auteurs comme étant une valeur parfois suprême. L'Etat est en même temps le pouvoir par excellence car il est le seul capable de régler tous les problèmes qui se posent dans la société.
L'Etat est en même temps la source du pouvoir car parler du pouvoir, c'est parler de l'Etat ou encore de la puissance publique, c'est parler également de l'autorité détentrice du pouvoir politique.


B/ L'Etat, une réalité finalisée

Bien que l'Etat soit le détenteur du pouvoir par excellence, la notion de pouvoir politique implique par elle-même la recherche de l'intérêt de la communauté, c'est à dire de la communauté dans laquelle nous vivons. De même, les intérêts au sein d'un groupe peuvent être des intérêts conflictuels (d'une part les dominants, d'autre part les dominés). Mais ceux-ci ne peuvent être surmontés que s'il existe un pouvoir reconnu apte et capable d'arbitrer ces conflits. Ce pouvoir est le pouvoir politique. En effet, selon certains auteurs, notamment Hobbes, « l'Etat doit mettre fin à la guerre de tous contre tous. » Cela veut dire que tant que les hommes ne seront pas soumis à un pouvoir fort, il y aura toujours des conflits. Le but du pouvoir n'est pas seulement la recherche des solutions aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Mais le pouvoir permet à celui qui le détient de rechercher l'intérêt supérieur de la communauté, c'est à dire l'intérêt commun ou encore l'intérêt général. En ce qui concerne le bien commun, toute société organisée le recherche. En effet, quelque soit la société considérée, quelque soit les choix effectués par les gouvernements, les éléments du bien peuvent se résumer en 2 points : l'ordre et la justice.
L'ordre apparaît comme le bien recherché par toute société. La société dans laquelle nous vivons ne peut accepter que les hommes vivent dans le désordre.
La justice quant à elle est une vertu politique, donc il ne peut y avoir de justice sans l'ordre politique.
L'intérêt général est apparu avec l'Etat moderne, cette notion qui est différente de l'intérêt privé, mais la notion d'intérêt général n'est pas clairement définie, c'est une notion ambiguë qui soulève plusieurs interrogations ?


II/ Les pouvoirs de l'Etat


A/ Les formes de pouvoir

Toute société produit des phénomènes de pouvoir. En effet, les sociétés humaines sont marquées par des phénomènes de pouvoir plus complexes. C'est à dire que le pouvoir est partout (même dans la famille). De même créent des phénomènes de pouvoir.


B/ Les effets sur l'Etat des pouvoirs

Le pouvoir politique n'est pas sans limites, il existe des contre-pouvoirs, c'est à dire tous les centres organisés de décision, de contrôle, d'influence qui par leur existence ou par leurs actes limitent l'exercice du pouvoir politique. On distingue 3 catégories principales de contre-pouvoir :
_ Le contre-pouvoir institutionnel qui est prévu pour assurer l'équilibre interne du pouvoir. Ils ont pour mission principale d'éviter des excès, ex assemblée parlementaire, juridictions, ...
_ contre-pouvoir politique, c'est le cas des partis politiques qui ont pour mission de contrôler l'activité du gouvernement
_ contre-pouvoir social, c'est le cas des syndicats (CGT, FO)

Phénomène social par excellence, le pouvoir politique demeure dure à cerner car cette notion soulève toujours des interrogations. Les auteurs ne sont pas unanimes quant à sa définition.


Section 2 : Les idéologies et le pouvoir


Déf : A l'origine, le mot idéologie désignait une science ayant pour objet l'étude des idées mais cette définition est dépassée. Pour Marx, la notion d'idéologie a un sens particulier : pour lui, « l'idéologie n'est plus une science consacrée aux idées, mais plutôt un ensemble de théories et de valeurs produites par les sujets sociaux et qui sont le reflet de leur situation matérielle »
Pour Lapierre, « l'idéologie est un ensemble de représentations collectives par lesquelles s'affirme une hiérarchie des normes et des valeurs »
En résumé, les auteurs s'accordent sur l'idée de représentation collective que constitue une idéologie mais il existe plusieurs idéologies (le libéralisme, le socialisme, le nationalisme, ...)
S'agissant des rapports entre les idéologies et les partis politiques, les partis politiques sont des lieux de production idéologique. Les partis de gauche sont très attachés à leur idéologie, c'est le cas du PCF.


I/ Le libéralisme

Le libéralisme fut d'abord une doctrine de gauche destinée à lutter contre l'arbitraire et l'absolutisme royal. C'est un mouvement de pensée qui se veut libérateur de l'ordre social mais le terme libéralisme a été utilisé pour la première fois par B. Constant en 1821. Cet auteur est le père du terme libéralisme. Le libéralisme accorde une place prépondérante à la notion de liberté qui est une notion de base de cette idéologie. Pour certains auteurs, on ne peut pas définir le libéralisme comme étant la doctrine de la liberté tout simplement car il s'agit d'une doctrine dont tout le monde se réclame. Pour B. Constant, la liberté c'est d'abord le pouvoir de voter, ensuite d'exercer les fonctions qui tiennent à la souveraineté de l'Etat, c'est à dire de légiférer. La liberté est donc le droit pour chacun de n'être soumis qu'aux lois, de ne pouvoir être arrêté ou détenu, ni mis à mort ni maltraité d'aucune manière par l'effet de la volonté arbitraire d'un ou plusieurs individus.
Quand on parle de liberté, il s'agit de liberté individuelle, c'est à dire la liberté d'aller et venir, c'est en quelque sorte le pouvoir d'autodétermination en vertu duquel l'homme détermine son comportement. Cette liberté est conçue de 2 manières :
_ Etre libre, c'est pouvoir agir sans contraintes, en fonction de ses désirs, c'est une aspiration fondamentale chez l'homme ;
_ Comme étant la faculté dont dispose chaque être humain, mais selon St Exupéry, la liberté n'est pas celle d'airer dans le vide mais de choisir sa voie avec ses limites. Pour certains auteurs, la liberté ne serait donc pas la règle mais plutôt l'exception.
Quand on parle de liberté au pluriel, celles-ci concernent la liberté politique, les libertés collectives, la liberté d'expression et d'opinion.


A/ La définition du libéralisme

En France, le libéralisme correspond à la philosophie de la classe bourgeoise, c'est un libéralisme de caractère politique et économique. Pour François Benoid, le libéralisme est d'abord une volonté, c'est la volonté pour chacun de nous de construire son destin, d'être libre. Mais ce libéralisme est concurrencé par le socialisme. IL existe une différence fondamentale entre ces 2 idéologies : ce sont 2 courants opposés, le libéralisme prend l'homme avec ses qualités et ses défauts tandis que le socialisme cherche à construire un homme nouveau, c'est à dire à nous transformer. Le libéralisme fait confiance à l'homme ainsi qu'à ses qualités intellectuelles et morales.


B/ Les fondements et les formes du libéralisme

Le terme libéralisme trouve ses origines dans le concept de liberté, mais il y a 2 concepts de libertés :
_ d'une part, il y a le concept de liberté participation, c'est à dire que l'homme n'est libre que dans la mesure où le pouvoir politique ne lui impose des ordres ou des devoirs auxquels il n'a pas librement consenti. Cette liberté participation implique aussi un contrôle des gouvernés sur les gouvernants.
_ D'autre part, le concept de liberté autonomie qui est un 2ème concept de la notion de liberté qui se définit comme étant l'absence de contrainte. Cette liberté signifie que l'homme peut tout faire à condition de respecter la liberté des autres.
Le libéralisme est avant tout commandé par la croyance. Cette croyance peut s'exercer dans plusieurs domaines et en particulier dans les domaines politiques et économiques.
Tous les libéraux s'affirment dans le domaine politique, en revanche le libéralisme économique s'exprime à travers le principe de la liberté du commerce et de l'industrie.
Le libéralisme recouvre-t-il à la fois le libéralisme politique et économique ? Dans le cas contraire, il existerait 2 formes de libéralismes séparés : l'un économique et l'autre politique.
En effet, certains auteurs défendent la thèse selon laquelle le libéralisme ne peut être divisé, il existe donc un seul libéralisme qui est à la fois économique et politique.
D'autres auteurs soutiennent l'idée selon laquelle au sein du libéralisme il existe 2 libéralismes : l'économique et le politique. Le libéralisme politique est historiquement la première forme de libéralisme dans la mesure où il constitue le fondement doctrinal du gouvernement représentatif et de la démocratie parlementaire. Ce libéralisme politique implique également le multipartisme et le pluralisme politique. D'abord, il y a la liberté politique. Selon M. Horion, elle consiste en la participation plus ou moins directe de tous les citoyens au gouvernement et particulièrement à la confection de la loi mais cette liberté politique impose un certain nombre de limites aux hommes politiques : il s'agit de subordonner le pouvoir à la notion de liberté politique ; l'organisation politique est telle que le libéralisme politique commande la mise en place d'une certaine forme d'organisation politique fondée sur des principes démocratiques. Parmi ces principes, il y a des institutions politiques (Assemblée nationale), principe de la séparation des pouvoirs. Cette séparation est une garantie pour le libéralisme politique. Notion de pluralisme : ce principe est un système dans lequel la compétition politique doit en principe se dérouler entre plusieurs formations politiques ou partis politiques.

Le libéralisme économique : dans la pensée libérale, la notion de liberté est le moteur le plus favorable de la vie économique. La liberté est entendue ici comme la recherche du profit. Il y a 3 principes qui gouvernent le libéralisme économique :
_ Notion de profit (le profit est considéré par les libéraux comme étant le meilleur moteur des activités économiques)
_ La concurrence : elle doit être la loi suprême dans le domaine économique
_ Le droit de propriété privée considéré comme étant un droit fondamental que l'on doit protéger, c'est aussi un droit naturel. Ce droit est inviolable.

Le libéralisme repose également sur des limites : le non-interventionnisme économique, c'est à dire que l'Etat ne doit pas intervenir dans le domaine économique car son intervention fausserait la concurrence.



II/ Le socialisme


Le socialisme est un courant opposé au libéralisme, c'est aussi un courant qui a revêtu plusieurs formes : la pensée socialiste repose sur la conviction selon laquelle toute société peut être organisée, c'est à dire qu'elle peut subir des transformations de manière satisfaisante. Le socialisme peut donc se définir comme étant une doctrine politique qui tend à établir l'égalité entre les citoyens. C'est un courant anti-libéral et qui milite pour une socialisation de l'économie, c'est à dire que l'Etat doit en principe intervenir dans le domaine économique. C'est aussi un courant qui rejette les lois du marché. En France, le socialisme est apparu quand le libéralisme a dominé tous les domaines, notamment les domaines économiques et politiques. C'est un courant qui date du 19ème siècle (en France) mais il n'existe pas un seul socialisme, mais plusieurs doctrines socialistes.

A/ L e socialisme scientifique

Le socialisme scientifique est le socialisme fondé sur la pensée de K. Marx. Après l'effondrement de l'URSS, l'application pratique de cette doctrine posait un véritable problème. C'est une doctrine qui est condamnée à disparaître, elle est en effet beaucoup plus philosophique que politique. Elle propose une explication générale du monde par rapport aux transformations. Marx fonde sa doctrine sur la lutte des classes, selon lui, il existe 2 classes fondamentalement antagonistes : le prolétariat et la bourgeoisie. L'histoire de toute société selon Marx jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de la lutte des classes. Cette lutte est liée à l'exploitation de la majorité prolétarienne par la minorité bourgeoise.
En effet, selon Marx, l'idée est que dans cette société capitaliste c'est la bourgeoisie qui détient le capital, c'est à dire les moyens de production et la propriété privée. Cette classe tire profit du travail des autres (prolétaires) et ce prolétariat constitue la classe antagoniste à la bourgeoisie. Pour Marx, c'est la production capitaliste qui est à l'origine de cette lutte. En effet, cette production capitaliste ne profite pas aux prolétaires qui sont en position de faiblesse. Dans ces conditions, Marx souligne que le prolétaire n'a pour richesse que sa force de travail, qu'il va alors vendre à la bourgeoisie.
Cette lutte des classes occupe une place centrale dans la théorie marxiste. Elle est également le moteur du déroulement de l'histoire. Pour Marx, cette lutte est générale et éternelle et elle existe dans toutes les sociétés modernes (notamment dans les sociétés capitalistes). Selon lui, il faut mettre un terme de manière définitive à cette lutte et il propose une solution : seule la révolution marquera la victoire définitive du prolétariat sur la bourgeoisie ; il revient à ce prolétariat d'instaurer sa propre dictature afin de renverser la classe des bourgeois. De même, Marx préconise la suppression pure et simple de la propriété privée car elle est la cause unique des antagonismes des classes. Selon lui, une fois la socialisation des moyens de production instaurée, les antagonismes de classes vont disparaître. C'est ce qu'on appelle « l'âge d'or de la société communiste ».
De même, la doctrine marxiste est fondée sur la critique de la notion d'Etat. Cette doctrine critique le rôle de l'Etat pendant la lutte. Marx rappelle que l'Etat n'a pas toujours existé et que l'existence de l'Etat pour lui est donc liée aux antagonismes sociaux. Il définit l'Etat comme étant une organisation politique de la classe qui détient le pouvoir économique (bourgeoisie). Pour Marx, l'Etat est en quelque sorte le responsable de cette lutte.
Cette doctrine a été poursuivie par Lénine mais avec l'effondrement du bloc communiste, cette doctrine est appelée à disparaître. Pour l'instant, il y a encore quelques Etats comme la Chine ou Cuba qui essaient d'appliquer cette doctrine.

B/ Le socialisme démocratique

C'est aussi un courant socialiste. Il n'est pas dominé par la pensée marxiste. En effet, le socialisme démocratique diverge sur plusieurs points de la doctrine marxiste. C'est un courant qui préconise la conciliation de l'établissement d'une société socialiste avec le respect des règles démocratiques. C'est un courant ouvert qui accepte l'alternance. Ce courant milite pour le respect des libertés fondamentales. Le socialisme démocratique caractérise le socialisme britannique depuis le 18ème siècle ainsi que le socialisme allemand depuis le milieu du 20ème siècle. C'est un socialisme considéré comme étant idéaliste. C'est aussi un socialisme plus pragmatique, c'est à dire dont l'objectif est la réduction des inégalités dans toute société humaine.
Parmi les auteurs français qui défendent ce courant :
_ Jean Jaurès (1859-1914) : selon lui, il y a volonté de créer un socialisme de conciliation. Il a toujours cherché à concilier le marxisme et le socialisme non-marxiste. Sa pensée repose aussi sur l'affirmation suprême du Droit individuel. Pour lui, rien n'est au-dessus de l'homme, c'est à dire de la personne humaine.
_ André Philip (1902-1970) : son socialisme est d'inspiration chrétienne. Selon lui, le socialisme doit s'inspirer des valeurs chrétiennes et démocratiques pour résoudre les problèmes de la société actuelle.
_ Léon Blum (1872-1950) : c'est un auteur qui défend le socialisme humaniste. Pour lui, le but essentiel du socialisme est de libérer la personne humaine des difficultés que nous rencontrons dans la société.


III/ Le nationalisme

Le nationalisme est une idéologie ambiguë. C'est une idéologie qui fait de la Nation une valeur, voire même la valeur suprême.
En France, le nationalisme apparaît dès la fin du 18ème siècle mais le terme nationalisme à l'époque était très peu utilisé. Le nationalisme recouvre des réalités assez différentes. Quand on parle de nationalisme, on fait toujours allusion à la notion de patriotisme.
Le nationalisme peut correspondre également à une doctrine selon laquelle seule la nation doit être au-dessus d'autres institutions.
Il n'y a pas une seule forme de nationalisme : il y a le nationalisme de droite et celui de gauche. Il y a un nationalisme politique qui est la première forme de nationalisme ; il y a ensuite le nationalisme linguistique ; le nationalisme culturel qui a pour mission de préserver l'identité culturelle française ; le nationalisme économique qui s'oppose à l'importation de produits étrangers (forme de protectionnisme) ; enfin, le nationalisme français qui peut être divisé en 2 :
_ Nationalisme ouvert : symbole de la démocratie, de la liberté. C'est un nationalisme de gauche, à la fois modéré et pas réactionnaire
_ Nationalisme fermé : c'est le plus dur, il est divisé en 2 courants à l'heure actuelle qui sont le FN et le MNR.



Chapitre 2 : Les régimes politiques



Section 1 : Les régimes autoritaires, dictatures et totalitarisme



Le régime principal est le mode d'existence politique d'une collectivité sociale (la nation ou encore l'Etat). Selon J.L Quermonne, le régime politique est un des éléments d'ordre idéologique, institutionnel et sociologique qui concurrent à former le gouvernement d'un pays pendant une période déterminée. Selon l'auteur, la notion de régime politique comporte 4 composantes :
_ Le principe de légitimité
_ La structure des institutions
_ Le système des partis politiques
_ La forme et le rôle de l'Etat
La légitimité d'un régime politique est garantie par des règles et acceptée par les citoyens. Ces règles sont formalisées dans les démocraties occidentales dans un texte appelé la constitution. Cette constitution comprend toujours un préambule qui fait lui-même référence à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, et à d'autres textes.
Dans de tels régimes, le pouvoir est concentré dans les mains d'une seule personne. De même, les libertés fondamentales sont presque inexistantes.


I/ Les formes anciennes de régimes autoritaires


A/ La classification d'Aristote

Aristote est le premier à avoir tenté d'établir une classification des régimes politiques : les régimes purs et les régimes corrompus.
S'agissant des formes pures, dans ces régimes, les dirigeants gouvernent dans l'intérêt général tandis que dans les formes corrompues, les dirigeants gouvernent dans leur propre intérêt.
Dans les formes pures, Aristote distingue 3 séries de régime :
_ La monarchie : lorsque le gouvernement appartient à un seul homme
_ Le régime aristocratique : dans ce régime, le gouvernement appartient à plusieurs membres
_ La république où le pouvoir est exercé par des représentants.

Il y a 3 régimes de forme corrompue :
_ Tyrannique
_ Oligarchie
_ Démocratie

De même, Aristote présente une analyse dynamique des régimes politiques. Pour cet auteur, les régimes politiques ne sont pas figés, ils évoluent suivant un cycle de transformation sociale. Il avance plusieurs raisons :
_ Les causes générales : elles peuvent être à l'origine de la disparition d'un régime politique lorsqu'il y a des manifestations contre le pouvoir. Le facteur géographique est prie en compte avec le déséquilibre entre les différentes parties du territoire. Facteurs sociaux avec les divisions entre les classes
_ Les causes particulières : il s'agit des abus de pouvoir des gouvernants. Ces causes peuvent également être à l'origine de la disparition d'un régime.


B/ Absolutisme, despotisme et dictature

L'absolutisme désigne historiquement en France la conception qui a servi aux monarques à asseoir leur autorité. Cela signifie aussi que le roi est supérieur aux sujets. Il tient son pouvoir de Dieu. Il est délié des lois. Cela signifie aussi que le pouvoir royal est un pouvoir illimité.
Le despotisme est un régime qui est condamnable car le despote est toujours supérieur aux autres. Ce qui caractérise le despotisme, c'est l'arbitraire. Or dans un tel régime, les règles démocratiques ne sont pas respectées. Le despote se distingue du tyran par le mode d'acquisition du pouvoir. C'est un régime autoritaire.
La dictature est une forme ancienne de régime politique. Dans ce régime, les libertés fondamentales sont presque inexistantes. Il n'y a pas non plus d'alternance entre les différentes formations politiques car le pouvoir est détenu par un leader que l'on qualifie couramment de dictateur.


II/ Les formes contemporaines de régimes autoritaires


A/ L'imprécision des notions

Dans ces régimes autoritaires, l'exercice du pouvoir est détenu par un leader. Ces régimes se caractérisent par le refus du jeu démocratique, c'est à dire le refus catégorique d'organiser des élections libres et transparentes entre différentes formations politiques.
A la différence des régimes politiques démocratiques, les régimes autoritaires contrôlent la vie politique. Dans un tel régime, le recrutement des dirigeants politiques relève de la captation.


B/ Les fascismes

Concernant les pays fascistes, c'est un régime différent du régime autoritaire. C'est une doctrine révolutionnaire qui veut toujours remettre en cause l'ordre établi. C'est un régime qui refuse les règles démocratiques. Il se caractérise par un refus du libéralisme. Sur le plan économique, ce régime refuse le capitalisme. Sur le plan politique, l'Etat fasciste est totalitaire car les libertés fondamentales sont de plus en plus supprimées. Il n'y a pas non plus de syndicats. En revanche il y a un parti unique.


III/ Le totalitarisme


A/ Définition du totalitarisme

Les régimes totalitaires se distinguent fondamentalement des régimes autoritaires. Il n'y a pas un définition unique du mot totalitarisme car la notion fait l'objet de divergences doctrinales. Certains auteurs ont même soutenu que le totalitarisme n'était pas un concept de sciences politiques. Ce qui caractérise le système totalitaire, c'est la domination totale. En effet, cette domination permet de faire la distinction avec d'autres régimes politiques de dictature et de tyrannie.
R. Aron a voulu définir le totalitarisme avec 5 éléments :
_ Il intervient dans un régime qui accorde à un seul parti le monopole de l'activité politique
_ Il confère une autorité absolue à une seule personne, et cette personne détient la vérité officielle
_ Le monopole des radios et T.V, ainsi que de la presse écrite
_ Les activités économiques et professionnelles sont soumises à l'Etat
_ Les activités économiques sont soumises à une idéologie.


B/ Les traits du totalitarisme

C'est un système qui prétend dire la vérité. Dans ce système, le pouvoir se présente comme la source de la vérité. Et le détenteur de cette vérité doit la faire connaître par une propagande. CE système est fondé sur la violence omniprésente. On conclut que ce régime a des conséquences sur la société humaine.



Section 2 : Les régimes démocratiques


Ces régimes sont différents des régimes totalitaires. Le principe de la séparation des pouvoirs est strictement respecté ( pouvoir législatif, exécutif). De même, le pluralisme syndical est garanti par des normes.


I/ La notion de démocratie


A/ Le contenu de la démocratie

La plupart des pays occidentaux se prétendent démocratiques. Selon A. de Tocqueville, la démocratie c'est d'abord et avant tout l'égalité des conditions de vie, c'est à dire la participation du peuple à la gestion. Traditionnellement on définit le gouvernement du peuple par le peuple. La démocratie repose donc sur le principe selon lequel le pouvoir appartient au peuple. Mais la mise en œuvre de ce principe varie en fonction de la forme de démocratie retenue car il en existe 3 :
_ Démocratie directe
_ Démocratie semi-directe
_ Démocratie représentative

1°- Démocratie directe

Forme la plus pure de la démocratie. IL s'agit d'un régime dans lequel le peuple exerce directement le pouvoir. Il détient lui-même la souveraineté populaire. Dans un tel régime, chaque citoyen dispose d'une parcelle de souveraineté. Mais sa mise en œuvre est impossible à l'heure actuelle.

2°- Démocratie semi-directe

Elle implique la coexistence d'organes représentatifs et de procédures d'intervention populaires directes. Longtemps, la démocratie semi-directe n'a été pratiquée que par quelques rares Etats (Suisse, U.S.A). Cette démocratie permet aux citoyens de participer à la prise de décisions.

3°- Démocratie représentative

C'est la forme la plus connue, la plus répandue. Dans la conception française, la démocratie représentative repose sur la souveraineté nationale. Cette souveraineté est gérée par des représentants (sénateurs, ...)
D'une manière générale, le système représentatif repose sur le postulat selon lequel le peuple veut matériellement exercer lui-même la souveraineté nationale. Cette conception de la démocratie représentative a été retenue par les auteurs et rédacteurs de la Constitution de 1958.


B/ La démocratie, forme de gouvernement

Dans tous les États démocratiques, il existe un gouvernement qui représente le pouvoir exécutif. Le pouvoir est assuré par les représentants du peuple qui sont élus au suffrage universel direct. C'est un gouvernement qui agit dans l'intérêt général, c'est à dire l'intérêt de la population, des citoyens.


II/ L'unité ou lu dualité de la démocratie


La question principale que l'on peut poser est celle de savoir s'il existe une seule conception de la démocratie ou 2, c'est à dire la démocratie libérale et la démocratie marxiste.


A/ L'opposition historique entre démocratie libérale et marxiste

Quand on parle de démocratie libérale, on pense en effet à la démocratie politique et économique et sociale. La démocratie politique se rattache à un certain courant philosophique qui englobe aussi bien les éléments dus à l'héritage chrétien qui caractérise la pensée occidentale au 18ème siècle.
Il y a ensuite la démocratie économique et sociale. Cette démocratie a été souvent confondue avec la démocratie marxiste mais c'est faux. La démocratie marxiste se définit à partir d'une certaine philosophie, elle se traduit par certains procédés qui apparaissent comme étant l'antithèse des procédés de la démocratie libérale.
Dans la démocratie marxiste, le suffrage universel ne peut être utilisé pour parvenir à l'instauration de la société révolutionnaire. En effet, pour cette doctrine, le suffrage universel constitue sans aucun doute un moyen pour la classe bourgeoise d'asseoir sa domination sur d'autres classes. Un certain nombre d'auteurs pensent que le refus du suffrage universel par la démocratie marxiste est motivé par les considérations pratiques, c'est à dire que le suffrage universel serait susceptible de ramener au pouvoir les anciennes classes dirigeantes.
Dans une démocratie libérale comme en France, le principe de la séparation des pouvoirs est strictement respecté par les différentes institutions publiques.
En revanche, dans la démocratie marxiste, le principe de la séparation des pouvoirs est inexistant car on affirme le principe de l'unité du pouvoir.
En effet, pour les marxistes, la séparation des pouvoirs n'est qu'une façade car le vrai pouvoir est détenu par une minorité, celle des élites.


B/ La fin de cette opposition (démocratie libérale et marxiste)

Les éléments qui sont à l'origine de l'effondrement du système communiste sont à l'origine de la fin de l'opposition entre ces 2 formes de démocratie. Désormais, il existe dans la plupart des pays occidentaux une seule forme de démocratie, c'est la démocratie libérale.


III/ L'évolution contemporaine des démocraties


Les régimes démocratiques subissent une évolution mais ce ne sont pas les principes qui changent mais les conditions de vie sociale. Parmi les causes de cette évolution, il y a les techniques. Ces nouvelles techniques modifient la vie quotidienne des citoyens en la rendant plus facile.


A/ La croissance du pouvoir

Elle englobe plusieurs éléments parmi lesquels la personnalisation du pouvoir, puis la corruption. La personnalisation du pouvoir est une expression très fréquemment utilisée dans les démocraties occidentales. Cette notion en recouvre elle-même 2 autres.

1°- La personnalisation du pouvoir

C'est un phénomène récent, c'est la manière dont le détenteur réel ou supposé du pouvoir est représenté par l'opinion publique. Quand on parle de personnification du pouvoir, cela évoque presque toujours la personnification du pouvoir politique au profit d'un organe qui est le pouvoir exécutif. Cette personnalisation joue à échelon national et local.
Quelles sont les causes de la personnification ?
Elles sont multiples : parmi elles, le développement des techniques de communication qui jouent un rôle fondamental. En effet, la plupart des dirigeants politiques utilisent couramment les moyens de communication pour faire connaître le programme du parti. Ces moyens sont indispensables dans un État démocratique car ils permettent à l'opinion publique de suivre la politique menée par le gouvernement.

2°- L'action de persuasion du pouvoir

La concentration du pouvoir est un phénomène objectif, c'est la remise à une personne ou à u groupe d'hommes la plus grande partie de l'autorité politique. C'est un phénomène récent qui présente des inconvénients dans un État démocratique car elle peut se transformer en dictature.
Avantages dans la mesure où le gouvernement se voit attribuer de nouvelles compétences dans tous les domaines. Ces compétences sont la reconnaissance des responsabilités reconnues à l'État en matière économique et sociale.
C'est une propagande utilisée sous forme de publicité politique couramment appelé le marketing politique. De plus, c'est totalement différent du marketing.
En effet, le marketing électoral a pour objectif principal de convaincre un nombre élevé pendant la campagne électorale tandis que le marketing politique a pour objet l'optimisation du nombre de militants, c'est à dire le recrutement massif de militants afin de permettre le financement du parti. Il est différent du marketing commercial car il ne s'agit pas de vendre un produit. Le marketing politique est conforme aux règles démocratiques.


B/ L'acceptation du pouvoir

Dans la plupart des démocraties occidentales, l'exercice du pouvoir peut se heurter à l'opposition de la population mais quand on parle de l'acceptation du pouvoir, on parle de la participation de la population aux affaires publiques à échelon local et national.
En effet, si tous les citoyens se désintéressaient de la chose publique, la démocratie serait en péril, c'est pourquoi la participation de la population est indispensable dans un Etat de droit même si cette population ne peut pas exercer elle-même le pouvoir. Il y a ensuite la contestation qui est l'action de la population à l'encontre d'un régime politique. La contestation peut être exercée par l'opposition en place, ou à l'intérieur du pouvoir politique, c'est à dire dans le cadre d'un Etat de droit.


C/ La corruption

1°- La mesure de la corruption

Par opposition, il faut entendre l'action des groupes politiques contre les détenteurs du pouvoir. La corruption est devenu un véritable fléau dans les démocraties occidentales.

2°- Les mesures contre la corruption

C'est la raison pour laquelle le pouvoir législatif en France a adopté différents textes afin de moraliser la vie politique française. Toutes ces mesures ne sont pas efficaces car certaines formations politiques bénéficient d'un financement occulte.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 08 décembre 2005 03:56

Cours de sociologie politique 1ère année 1er semestre 2ème partie

Cours de SP du 5/11/2002 au


Deuxième partie : les acteurs politiques



Généralement, on regroupe les acteurs politiques autour de 2 grandes catégories :
_ Les partis politiques
_ Les groupes de pression



Chapitre 1 : Les partis politiques


L'étude des partis politiques occupe une place centrale dans ce cours. Définir les partis politiques n'est pas aussi simple qu'il y paraît. La notion de parti politiques soulève plusieurs interrogations. Il existe à l'heure actuelle plusieurs définitions de cette notion. Pour la comprendre, il faut se demander ce qu'on entend par parti politique, en quoi le parti politique se différencie-t-il des autres formes d'organisation ?
Quel est le rôle d'un parti politique dans un État démocratique ?
Quelles sont ses missions ?



Section 1 : La notion de parti politique


I/ Définition générale des partis politiques


A/ Les définitions proposées

Pour Benjamin Constant, un parti politique est une réunion d'hommes qui professent la même doctrine. Le reproche que l'on peut faire à cette définition c'est qu'elle est un peu trop large et qu'elle ne prend pas en compte les partis modernes.

Pour Kelsen, un parti est une formation qui regroupe des hommes de même opinion pour assurer une véritable influence sur la gestion des affaires publiques.

Pour la doctrine française, un parti politique est un groupement organisé pour participer à la vie politique en vue de conquérir partiellement ou totalement le pouvoir. D'un point de vue juridique, un parti politique apparaît comme étant une association particulière qui exerce ses activités dans le cadre d'un État de droit.
Il s'agit en effet d'une association regroupant un certain nombre de personnes ayant des opinions communes sur la manière de conquérir et de gérer le pouvoir.
Dans chaque parti politique, on retrouve des sympathisants, des adhérents, et des militants.
Du point de vue sociologique, un parti politique est défini selon 4 critères :
_ Celui d'une organisation durable : critère qui permet de faire la distinction entre les partis politiques et d'autres organisations ou associations
_ Celui d'une organisation structurée à tous les échelons
_ La volonté délibérée des dirigeants nationaux et locaux d'exercer le pouvoir politique. Ce critère permet également de faire la distinction entre les partis politiques et les groupes de pression
_ Celui d'être constitué par la recherche d'un soutien populaire à travers les élections nationales et locales.


B/ Le statut constitutionnel des partis politiques


Pendant longtemps, les parts politiques en France ont été des oubliés du DCO, oubliés par la doctrine classique. Il faudra attendre les années 1950 pour que se développe une réflexion sur le rôle des partis politiques dans le fonctionnement des institutions. Il y avait 2 tendances :
_ Ceux qui étaient favorables à un statut constitutionnel
_ Ceux qui s'opposaient à la constitutionnalisation des partis.
A la différence de la France, les Constitutions adoptées après la 2ème Guerre Mondiale, notamment les Constitutions italienne et allemande, consacrent l'existence et le rôle des partis politiques. En revanche, la Constitution française de 1946 est restée muette sur la question du statut constitutionnel des partis politiques.
Cette ignorance résultait d'une question de principe. Dans la conception française traditionnelle de la souveraineté, « aucun corps, aucun groupe ne devait s'immiscer entre les citoyens et les représentants, dans le cas contraire, l'expression de la volonté populaire serait viciée. » Donc les partis politiques étaient considérés comme de simples associations n'ayant aucune fonction particulière et présentant en même temps des dangers au regard de la formation de la volonté générale.
En définitive, c'est la Constitution de 1958 qui est la 1ère Constitution française à faire une place aux partis politiques dans son article 4 qui dispose : « Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage universel. Ils se forment et exercent leur activité librement. » En revanche, ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. Malgré cette reconnaissance des partis politiques, le général De Gaules avait une opinion négative sur les partis politiques, il ne contestait pas leur existence, mais il craignait les dangers de ces partis pour la population.
Cette reconnaissance constitutionnelle est très limitée, car les partis politiques sont tenus de respecter certaines obligations d'un État de droit. Il y a une certaine méfiance envers les partis politiques du fait des républiques précédentes.
A la différence de la Constitution italienne, la conception du rôle des partis politiques s'inscrit dans la continuité de la tradition juridique française. Cette Constitution pose un principe libéral de formation. Les partis peuvent s'établir dans la forme qu'ils souhaitent. Très souvent en France, les partis sont constitués sous forme d'association (régie par la loi de 1901.)


C/ Le financement des partis politiques

C'est une question très importante mais complexe et qui demeure mal connue. En effet, la question de savoir quelle est l'origine des ressources des partis politiques est une question très délicate car les formations politiques s'opposent à l'origine de la publication de leurs ressources. Mais cependant, l'accroissement très rapide du montant des dépenses a souvent mener les partis politiques à se procurer des fonds privés (Ex : FN) auprès des entreprises privées. Mais c'est aujourd'hui interdit. Pour mettre fin à ceci, le parlement français a adopté des textes visant à moraliser la vie politique. Malgré cette législation, les partis politiques sont toujours financés par des privés.
Parmi les dépenses de ces partis, on distingue les dépenses inférentes à la vie des partis (dépenses ordinaires) et d'autre part les dépenses consacrées aux campagnes électorales.
Les partis politiques ont comme toute association, des dépenses qui résultent de leur existence, par exemple, les dépenses relatives aux locations d'immeubles. En France, jusqu'à récemment, les dépenses électorales étaient extrêmement modérées par rapport à d'autres pays européens. Mais désormais l'État accorde un financement public. Il existe 3 formes de financement de partis politiques :

1°- Le financement interne

C'est pour faire face à certaines dépenses. Les partis disposent d'abord des cotisations de leurs membres : ce type de financement est légal. Les partis comme toute association peuvent percevoir une cotisation annuelle.

2°- Le financement externe

Il s'agit des dons de particuliers : l'État accorde à toute formation politique chaque année l'aide financière publique. Elle est versée par l'État aux partis politiques et demeure globalement inchangée (80 millions d'Euros en 2001).
Cette aide est répartie en fonction du nombre des parlementaires des élections législatives. Le financement public est organisé dans la plupart des États démocratiques. Cette aide ne doit pas être confondue avec le remboursement des dépenses électorales.
Aux E-U, un financement public a été établi par la loi du 11 janvier 1976, mais celui-ci ne concerne pas les partis mais les candidats aux élections. Ce financement ne joue que pour les élections présidentielles. Ce financement est facultatif, les candidats peuvent y renoncer. Il est assuré par un fond fédéral.
En Italie depuis 1980, on a également mis en place le financement des partis politiques. Le but de cette loi était d'éviter la corruption et la discrimination entre les différentes formations politiques.

3°- Le financement occulte

Il fut historiquement la principale ressource des partis politiques. Il s'agit d'un financement non légal et peu connu. Malgré son interdiction, les partis en bénéficient aussi.


II/ Les fonctions des partis politiques


S'intéresser aux fonctions des partis politiques, c'est se demander à quoi ils servent ? Quelles sont leurs activités ? Quels rôles jouent-ils dans le système politique et social ?
Les fonctions remplies par les partis politiques sont différentes selon les systèmes politiques.


A/ La fonction d'organisation des élections

Dans celle-ci, il y a d'une part la fonction de l'encadrement des élus, et de l'opinion.

1°- La fonction de l'encadrement de l'opinion

Conformément à l'article 4 de la Constitution de 1958, les partis politiques assurent un encadrement de l'idéologique des électeurs. Il clarifie et alimente le débat politique en expliquant clairement les choix opérés tant par l'opposition que par le gouvernement en place. Cet encadrement est nécessaire dans un État démocratique car il permet à l'opinion publique de suivre la politique menée par le gouvernement en place. Cet encadrement permet également à l'opinion publique de prendre connaissance des activités du gouvernement et des partis politiques. Il est nécessaire dans la démocratie moderne, mais il présente des insuffisances car les formations politiques sont dans l'incapacité de satisfaire l'opinion publique.
En vérité, il y a toujours un décalage entre le discours tenu par les partis politiques et la réalisation concrète des promesses tenues lors de la campagne électorale. Ce décalage constitue un véritable échec à cette fonction d'encadrement. En effet, il n'est pas possible à l'heure actuelle pour un parti politique de tenir ses promesses.

2°- La fonction d'encadrement des élus

Les parts politiques assurent aussi l'encadrement des élus. Celui-ci permet de garder un contact permanent entre les élus et les électeurs mais aussi entre les émus et les partis.
Il a pour mission principale d'informer les élus des attentes ou des réactions de l'opinion publique. Il s'agit là d'une fonction principale exercée par toute formation politique.
En effet, chaque été, les formations politiques organisent les « universités d'été » pour débattre sur différents sujets de société.
Dans une démocratie représentative et concurrentielle, chaque parti politique doit former les candidats pour chaque élection. Donc, les candidats sont très souvent désignés par les principales formations politiques.
Certains candidats se présentent sans étiquette politique, ce sont les « candidats indépendants ».
Les partis politiques jouent un rôle important dans le choix des candidatures, ceci afin d'éviter des échecs répétés.


B/ La fonction d'éducation politique

Le rôle des partis politiques n'est pas seulement limité aux élections, en effet, les partis politiques ont pour mission d'éduquer les candidats afin de mieux les préparer à combattre les adversaires politiques.

1°- L'action d'information

C'est l'une des fonctions des partis politiques, mais celle-ci a également pour objectif de convaincre les électeurs de la politique que le parti entend mener. L'information peut être contradictoire avec celle donnée par le pouvoir en place, tel est le cas de l'opposition qui cherche toujours à dénaturer le contenu donné par le gouvernement en place.
Les partis politiques par leurs diverses interventions, cherchent toujours à expliquer à l'opinion publique l'action du gouvernement. Cette information se fait le plus souvent par des moyens de communications, c'est le cas de la presse écrite.
Pour certains auteurs, ce rôle d'information n'est pas toujours bien rempli par les partis politiques.
Cette fonction d'information apparaît donc comme insuffisante.

2°- Le rôle éducateur des partis

Les partis politiques ont une fonction d'éducation à l'égard de la masse de citoyens, c'est à dire les électeurs. Cette fonction se manifeste d'abord par l'action de formation de l'opinion publique, qui est devenu un élément indispensable dans les démocraties.



Section 2 : L'organisation des partis politiques


I/ L'analyse classique de l'organisation des partis politiques


Elle se fonde essentiellement sur une distinction classique entre partis de cadre et partis de masse.


A/ Les partis de cadre

Les partis de cadre sont différents des partis de masse car ils ne visent pas à avoir un nombre très élevé d'adhérents. Leur but est essentiellement de regrouper les notables pour s'assurer de leur concours financier, afin d'assurer le financement de leur parti. Selon eux, un notable est une personne ayant une certaine notoriété au niveau national ou local. Ces notables sont recherchés soit pour leur prestige qui leur confère une certaine influence sur les électeurs, soit pour leur fortune.
Les partis de cadre préfèrent la qualité à la quantité. Cela ne veut pas dire que si les adhérents souhaitent participer à l'activité du parti, ils ne peuvent pas, au contraire, il n'y aura pas de refus. Mais la recherche d'adhérents ne constitue pas un objectif essentiel pour ces partis.
Leurs structures sont des formations très décentralisées. En effet, dans ces partis de cadre, il n'existe pas d'organisation rigide et pyramidale. C'est dire que le nombre réduit de militants ne nécessite pas de structure rigide.
Dans les partis de cadre, les comités locaux disposent d'une grande autonomie dans la gestion et dans le recrutement des adhérents. Ils n'ont pas de programme très strict. Celui-ci est généralement décidé et arrêté par les dirigeants avec l'accord des notables.
Dans cette catégorie de partis, on retrouve l'UDF.


B/ Les partis de masse

Les partis de masse à l'inverse privilégient la quantité à la qualité. C'est à dire qu'ils recherchent le recrutement massif des militants. Celui-ci s'explique par des conditions historiques durant lesquelles ces partis sont apparus.
Le but essentiel est de faire le contre poids des partis traditionnels, les partis de cadre. En effet, pour leur fonctionnement et leur organisation, ces partis ont besoin d'un nombre important de militants, afin de financer leur parti.
Le parti de masse repose sur la participation de tous. Ils offrent une structure stricte et pyramidale. On retrouve dans cette catégorie le PC. La volonté de démocratie voulue par les dirigeants du parti se traduit généralement par la subordination des élus du parti.
Selon Morris du Verger, cette classification traditionnelle est appelée à disparaître. Concernant la classification contemporaine, Georges Bordeau en a proposé une entre parti d'opinion et parti idéologique. D'autres auteurs ont proposé la distinction entre les partis de militants et les partis d'électeurs.
A la différence des partis de cadre, les partis d'électeurs admettent la démocratie des masses, c'est à dire une organisation au sein même du parti, des manifestations ou des rassemblements.
En revanche, le parti de l'opinion regroupe des personnalités appartenant à des catégories sociales différentes.


II/ La remise en cause de l'analyse classique


A/ Les relations entre l'appareil du parti et l'électorat

Les relations entretenues par les partis politiques et l'électorat sont marquées par la distance qui les séparent. En effet, l'électorat ne peut se faire entendre que par des votes épisodiques, il y a un décalage entre les demandes des électeurs et les offres des partis politiques.
Mais très souvent, les partis politiques se rapprochent de l'électorat à la veille des élections. En effet, la campagne électorale est une période privilégiée pour toutes les formations politiques.


B/ Les relations entre l'appareil et les membres du parti en fonction

Ce sont les plus intéressantes car elles sont souvent marquées par des tensions ou conflits. Dans chaque formation politique, il y a toujours une minorité qui cherche à dominer les autres membres. Ces conflits internes sont néfastes pour l'organisation et les fonctions du parti. Donc les relations au sein du parti sont très inégales, elles sont également à l'origine de la création des tendances ou des courants.


C/ Les tendances au sein du parti politique

Généralement, les partis politiques se présentent comme des organisations très unies autour d'un programme bien établi par la direction du parti. Mais cette apparence est fausse car il y a dans chaque formation politique des tendances, c'est à dire des courants. Leur existence remet en cause l'unité au sein des partis politiques.
Mais ces courants correspondent également au principe démocratique qui est revendiqué par toutes les formations politiques.



Section 3 : Les systèmes de parti


L'étude des partis politiques ne peut se limiter à une analyse de ces organisations. L'étude des systèmes est très importante car elle permet de comprendre le fonctionnement des partis dans un État de droit. En effet, un système politique n'est pas caractérisé seulement par la nature des partis politiques mais également par les interactions entre ces différentes formations politiques. On distingue 3 systèmes de partis politiques :
_ Le bipartisme (E-U)
_ Le multipartisme (France)
_ Le système du parti unique (en voie de disparition)


I/ Le bipartisme


C'est un système dans lequel on trouve 2 partis politiques qui exercent une influence importante sur la vie politique.
En dehors de ces 2 formations politiques, il y en a d'autres mais qui n'ont aucune influence.


A/ Les facteurs du bipartisme

_ Facteurs sociaux : antagonisme de classe à l'origine de la création des partis politiques. Dans ce système, les partis politiques constituent alors l'expression politique d'une classe donnée, c'est à dire le moyen par lequel elle tente de faire prévaloir ses intérêts propres dans la lutte qui l'oppose à d'autres classes. En Angleterre : conservateurs contre travaillistes.
_ Facteurs historiques : dans chaque nation, on trouve l'histoire et la culture spécifiques des particularismes qui suscitent des divisions partisanes. Dans de nombreux États, il y a certains facteurs ethniques ou religieux ou encore sociaux-professionnels qui sont à l'origine de la création de partis politiques.
_ Facteurs politiques et institutionnels : par exemple, le mode de scrutin explique largement le maintien du bipartisme. Ce scrutin est très simple et favorise le bipartisme. Aux E-U, c'est la même chose.


B/ Les types de bipartisme

Il existe plusieurs formes de bipartisme.

1°- Le bipartisme rigide

Il y a souvent une discipline de vote, c'est à dire que les élus et les militants doivent respecter les consignes données par la direction. En Grande Bretagne, on pratique ce type de bipartisme.

2°- Le bipartisme souple

Il y a une liberté d'action reconnue aux élus et aux militants. C'est le cas aux EU. Les partis politiques n'imposent pas de discipline de vote aux militants. CE bipartisme américain est caractéristique car la distinction entre majorité et opposition ne passe pas forcément entre les démocrates et les républicains. En effet, aux EU, les majorités sont des majorités des circonstances.

3°- Le bipartisme parfait et imparfait

La distinction entre ces 2 formes a été faite par un politologue franco-anglais : Blandel. Pour lui, il y a un bipartisme parfait quand 2 partis politiques totalisent lors des élections 90% ou plus des suffrages. Ces partis doivent avoir la majorité absolue au parlement sans faire alliance avec d'autres formations politiques ayant obtenu 10% de suffrage.
Le bipartisme imparfait caractérise la situation dans laquelle il y a 2 grandes formations politiques qui totalisent entre 75 et 80% des suffrages. Ces formations politiques pour gouverner sont obligées de faire alliance avec un troisième parti politique.


C/ Le fonctionnement du bipartisme

1°- En Grande-Bretagne

Le bipartisme est un élément essentiel de la vie politique anglaise. CE bipartisme favorise également la stabilité gouvernementale car il y a seulement 2 formations politiques, ce qui explique que les choix politiques sont clairs car ce système permet aux britanniques de choisir librement leur candidat sans trop chercher.
Mais ce système présente aussi des inconvénients car le choix est limité.

2°- Aux EU

IL n'est pas différent du système britannique car il y a 2 grandes formations politiques qui dominent la vie politique aux EU (démocrates et républicains) mais l'organisation interne de ces partis est dans l'ensemble la même. En revanche, leurs orientations diffèrent, généralement, les républicains sont à droite et les démocrates à gauche. Pour certains auteurs, l'idéologie de ces 2 partis est très ambiguë.


II/ Le multipartisme


IL se définit par opposition au bipartisme comme le système dans lequel il y a plusieurs partis politiques. C'est le cas de la France. Ce système correspond à une situation de concurrence entre plusieurs formations politiques et cette concurrence est souvent à l'origine des alliances entre les différentes formations politiques afin d'obtenir une majorité stable.


A/ Les facteurs du multipartisme

_ Facteurs historiques : dans les régimes multipartisans, les formations politiques traditionnelles ont été dans l'incapacité d'absorber l'électorat des classes ouvrières, ce qui a entraîné la création des partis ouvriers afin de défendre leurs intérêts. Mais la création de ces partis n'a pas entraîné la disparition du parti libéral. En revanche, ça a eu pour conséquence d'augmenter le nombre de partis existants.
_ Facteurs religieux : il est également à l'origine du multipartisme dans la mesure où la défense des intérêts de l'Eglise a conduit à la constitution des partis confessionnels. C'est le cas du parti démocrate chrétien en Allemagne.
_ Facteurs ethniques : chaque ethnie crée son parti.
_ Facteurs politiques :c'est le cas des pays qui n'ont connu qu'un seul parti politique mais avec l'éclatement du bloc communiste, création de formations politiques.


B/ Les formes du multipartisme

1°- Le multipartisme italien

En Italie, plusieurs formations politiques.

2°- Le multipartisme français

En France, la vie politique est dominée également par l'existence de plusieurs formations politiques.


III/ Les systèmes de parti unique


Généralement, on range dans la catégorie des systèmes de parti unique les pays dans lesquels il n'existe qu'un seul parti politique. C'était le cas dans l'ex-URSS.
Dans ces systèmes, il n'y a pas de démocratie car ces régimes se caractérisent à la fois par le rôle reconnu au parti politique et le refus catégorique d'admettre l'existence d'autres formations politiques. Ce système se caractérise également par la dictature ou encore par l'arbitraire.


A/ Les caractères du parti unique

La caractéristique principale est d'être un rassemblement autour d'un homme. Dans un tel parti, pas d'idéologie propre car tout est décidé par le leader charismatique. Ce parti unique se traduit également par la personnalisation du pouvoir au profit du leader.


B/ Les partis communistes

Il a longtemps été considéré comme étant le parti unique dans certains pays de l'Europe de l'Est (Roumanie, Pologne, ex-URSS). Tout ça car selon Marx, dans une société sans classes, la diversité de partis politiques n'a plus sa raison d'être.
Le multipartisme dans ces États est considéré comme étant un facteur de division de la population.


C/ Les partis uniques des pays émergents

Dans la plupart de ces pays émergents, il n'y avait qu'un seul parti politique, un parti unique. L'existence ou la création d'autres formations politiques était strictement interdite.
C'est la même raison dans ces États : le multipartisme est considéré comme étant un élément qui risque de remettre en cause l'unité nationale car il risque de prendre pour fondement des divisions ethniques ou régionales.



Chapitre 2 : Les groupes de pression



A la différence des partis politiques, les groupes de pression n'ont pas pour objectif de conquérir le pouvoir mais ils interviennent en fonction de leurs propres intérêts.
Ces intérêts sont considérés comme étant des intérêts privés. Ces groupes de pression existent dans tous les États occidentaux démocratiques. Ces groupes cherchent à faire valoir leurs intérêts auprès du pouvoir public.



Section 1 : La définition des groupes de pression


De manière générale, on peut définir un groupe de pression comme étant une organisation constituée essentiellement pour la défense des intérêts catégoriels et exerçant une pression sur les pouvoirs publics afin d'obtenir les décisions conformes à leurs intérêts.


I/ Les caractéristiques des groupes de pression


A/ L'existence d'intérêts

On ne peut pas parler de groupe de pression sans qu'il y ait des intérêts à défendre. Ces intérêts sont multiples. L'intérêt défendu par les groupes de pression peut être un intérêt direct ou indirect, matériel ou financier (ex : augmentation des salaires ou du matériel).
D'autres groupes poursuivent un intérêt moral : c'est le cas des Églises. Toutes les Églises constituent des institutions qui poursuivent toujours un intérêt moral, par exemple la possibilité d'exercer la liberté religieuse.


B/ L'organisation des groupes de pression

Un groupe de pression est tout d'abord une organisation bien structurée et durable. C'est un groupe collectif car souvent, il mène des actions collectives. Ces actions collectives s'opposent aux actions individuelles. Un groupe de pression doit également présenter une certaine unité interne afin de pouvoir défendre les intérêts en cause. Ce critère organisationnel permet de faire la distinction entre les groupes organisés et les groupes non-organisés.


II/ Les fonctions des groupes de pression


A/ Une organisation destinée à la défense des intérêts

La fonction principale d'un groupe de pression est la défense des intérêts de ses membres. Ces groupes soumettent généralement des revendications en se faisant le porte-parole de leurs membres, c'est à dire qu'ils agissent en lieu et en place de leurs membres. Ces revendications sont souvent adressées à l'État en tant que personne morale de droit public.


B/ Une organisation exerçant une pression sur le pouvoir public

La notion de pression est essentielle à l'étude des groupes de pression. Cette pression signifie que les gens se manifestent sur les décisions prises par des hommes politiques et la pression prend souvent la forme d'information bien orientée.
Cette information peut être directe ou indirecte. Elle est directe quand le groupe exerce lui-même la pression et indirecte quand le groupe confie la défense des intérêts de ses membres à un autre groupe.
La pression peut être régulière, c'est à dire que les groupes interviennent de façon constante.
Elle peut être irrégulière, c'est à dire que le groupe intervient de façon épisodique.
La pression est la capacité d'action et d'influence dont disposent chaque groupe de pression pour faire ou pour défendre les intérêts catégoriels.
Toutes les revendications des groupes de pression ne donnent pas lieu à des solutions satisfaisantes.

# Posté le jeudi 08 décembre 2005 03:56