Cours de SP du 9/10/2002 ( Sociologie politique ) au 29/10/02
Première partie : l'organisation politique de la cité
Intro : La vie dans la cité contemporaine s'organise, s'articule largement par rapport à l'organisation politique. En effet, celle-ci conditionne désormais les autres domaines de la vie en société. L'organisation politique est d'abord représenté par un cadre politique à l'intérieur duquel vont se dérouler la vie politique ainsi que toutes les relations sociales.
Chapitre 1 ; Le pouvoir
La notion de pouvoir est une notion indéterminée. Le pouvoir est défini comme étant un concept figé, une entité. Le pouvoir est le fait de disposer des moyens naturels ou occasionnels qui permettent une action. C'est donc une possibilité ou encore une faculté d'agir, c'est aussi la capacité de faire quelque chose tout en respectant les autres, c'est aussi un droit reconnu à toute personne, c'est aussi le pouvoir d'agir sur quelque chose. Chacun de nous est titulaire d'une parcelle de pouvoir.
Section 1 : Le pouvoir et l'Etat
Il existe entre le pouvoir et l'Etat des relations normales. L'Etat contemporain se présente comme étant une institution, une personne morale, différente de la personne physique.
I/ Le Pouvoir de l'Etat
A/ L'Etat, une réalité essentielle
Selon la définition classique de la notion d'Etat, celui-ci est un mode d'organisation des hommes avec une certaine répartition du pouvoir, ce qui ne veut pas dire que l'Etat est la seule forme d'organisation du pouvoir. Il en existe d'autres, comme par exemple les institutions publiques.
De même, la religion est aussi considérée comme étant un mode d'organisation du pouvoir.
A la différence des institutions publiques, l'Etat est devenu ajd'hui la forme d'organisation du pouvoir la plus importante et devient ainsi le centre de la réflexion politique. Il est considéré par certains auteurs comme étant une valeur parfois suprême. L'Etat est en même temps le pouvoir par excellence car il est le seul capable de régler tous les problèmes qui se posent dans la société.
L'Etat est en même temps la source du pouvoir car parler du pouvoir, c'est parler de l'Etat ou encore de la puissance publique, c'est parler également de l'autorité détentrice du pouvoir politique.
B/ L'Etat, une réalité finalisée
Bien que l'Etat soit le détenteur du pouvoir par excellence, la notion de pouvoir politique implique par elle-même la recherche de l'intérêt de la communauté, c'est à dire de la communauté dans laquelle nous vivons. De même, les intérêts au sein d'un groupe peuvent être des intérêts conflictuels (d'une part les dominants, d'autre part les dominés). Mais ceux-ci ne peuvent être surmontés que s'il existe un pouvoir reconnu apte et capable d'arbitrer ces conflits. Ce pouvoir est le pouvoir politique. En effet, selon certains auteurs, notamment Hobbes, « l'Etat doit mettre fin à la guerre de tous contre tous. » Cela veut dire que tant que les hommes ne seront pas soumis à un pouvoir fort, il y aura toujours des conflits. Le but du pouvoir n'est pas seulement la recherche des solutions aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Mais le pouvoir permet à celui qui le détient de rechercher l'intérêt supérieur de la communauté, c'est à dire l'intérêt commun ou encore l'intérêt général. En ce qui concerne le bien commun, toute société organisée le recherche. En effet, quelque soit la société considérée, quelque soit les choix effectués par les gouvernements, les éléments du bien peuvent se résumer en 2 points : l'ordre et la justice.
L'ordre apparaît comme le bien recherché par toute société. La société dans laquelle nous vivons ne peut accepter que les hommes vivent dans le désordre.
La justice quant à elle est une vertu politique, donc il ne peut y avoir de justice sans l'ordre politique.
L'intérêt général est apparu avec l'Etat moderne, cette notion qui est différente de l'intérêt privé, mais la notion d'intérêt général n'est pas clairement définie, c'est une notion ambiguë qui soulève plusieurs interrogations ?
II/ Les pouvoirs de l'Etat
A/ Les formes de pouvoir
Toute société produit des phénomènes de pouvoir. En effet, les sociétés humaines sont marquées par des phénomènes de pouvoir plus complexes. C'est à dire que le pouvoir est partout (même dans la famille). De même créent des phénomènes de pouvoir.
B/ Les effets sur l'Etat des pouvoirs
Le pouvoir politique n'est pas sans limites, il existe des contre-pouvoirs, c'est à dire tous les centres organisés de décision, de contrôle, d'influence qui par leur existence ou par leurs actes limitent l'exercice du pouvoir politique. On distingue 3 catégories principales de contre-pouvoir :
_ Le contre-pouvoir institutionnel qui est prévu pour assurer l'équilibre interne du pouvoir. Ils ont pour mission principale d'éviter des excès, ex assemblée parlementaire, juridictions, ...
_ contre-pouvoir politique, c'est le cas des partis politiques qui ont pour mission de contrôler l'activité du gouvernement
_ contre-pouvoir social, c'est le cas des syndicats (CGT, FO)
Phénomène social par excellence, le pouvoir politique demeure dure à cerner car cette notion soulève toujours des interrogations. Les auteurs ne sont pas unanimes quant à sa définition.
Section 2 : Les idéologies et le pouvoir
Déf : A l'origine, le mot idéologie désignait une science ayant pour objet l'étude des idées mais cette définition est dépassée. Pour Marx, la notion d'idéologie a un sens particulier : pour lui, « l'idéologie n'est plus une science consacrée aux idées, mais plutôt un ensemble de théories et de valeurs produites par les sujets sociaux et qui sont le reflet de leur situation matérielle »
Pour Lapierre, « l'idéologie est un ensemble de représentations collectives par lesquelles s'affirme une hiérarchie des normes et des valeurs »
En résumé, les auteurs s'accordent sur l'idée de représentation collective que constitue une idéologie mais il existe plusieurs idéologies (le libéralisme, le socialisme, le nationalisme, ...)
S'agissant des rapports entre les idéologies et les partis politiques, les partis politiques sont des lieux de production idéologique. Les partis de gauche sont très attachés à leur idéologie, c'est le cas du PCF.
I/ Le libéralisme
Le libéralisme fut d'abord une doctrine de gauche destinée à lutter contre l'arbitraire et l'absolutisme royal. C'est un mouvement de pensée qui se veut libérateur de l'ordre social mais le terme libéralisme a été utilisé pour la première fois par B. Constant en 1821. Cet auteur est le père du terme libéralisme. Le libéralisme accorde une place prépondérante à la notion de liberté qui est une notion de base de cette idéologie. Pour certains auteurs, on ne peut pas définir le libéralisme comme étant la doctrine de la liberté tout simplement car il s'agit d'une doctrine dont tout le monde se réclame. Pour B. Constant, la liberté c'est d'abord le pouvoir de voter, ensuite d'exercer les fonctions qui tiennent à la souveraineté de l'Etat, c'est à dire de légiférer. La liberté est donc le droit pour chacun de n'être soumis qu'aux lois, de ne pouvoir être arrêté ou détenu, ni mis à mort ni maltraité d'aucune manière par l'effet de la volonté arbitraire d'un ou plusieurs individus.
Quand on parle de liberté, il s'agit de liberté individuelle, c'est à dire la liberté d'aller et venir, c'est en quelque sorte le pouvoir d'autodétermination en vertu duquel l'homme détermine son comportement. Cette liberté est conçue de 2 manières :
_ Etre libre, c'est pouvoir agir sans contraintes, en fonction de ses désirs, c'est une aspiration fondamentale chez l'homme ;
_ Comme étant la faculté dont dispose chaque être humain, mais selon St Exupéry, la liberté n'est pas celle d'airer dans le vide mais de choisir sa voie avec ses limites. Pour certains auteurs, la liberté ne serait donc pas la règle mais plutôt l'exception.
Quand on parle de liberté au pluriel, celles-ci concernent la liberté politique, les libertés collectives, la liberté d'expression et d'opinion.
A/ La définition du libéralisme
En France, le libéralisme correspond à la philosophie de la classe bourgeoise, c'est un libéralisme de caractère politique et économique. Pour François Benoid, le libéralisme est d'abord une volonté, c'est la volonté pour chacun de nous de construire son destin, d'être libre. Mais ce libéralisme est concurrencé par le socialisme. IL existe une différence fondamentale entre ces 2 idéologies : ce sont 2 courants opposés, le libéralisme prend l'homme avec ses qualités et ses défauts tandis que le socialisme cherche à construire un homme nouveau, c'est à dire à nous transformer. Le libéralisme fait confiance à l'homme ainsi qu'à ses qualités intellectuelles et morales.
B/ Les fondements et les formes du libéralisme
Le terme libéralisme trouve ses origines dans le concept de liberté, mais il y a 2 concepts de libertés :
_ d'une part, il y a le concept de liberté participation, c'est à dire que l'homme n'est libre que dans la mesure où le pouvoir politique ne lui impose des ordres ou des devoirs auxquels il n'a pas librement consenti. Cette liberté participation implique aussi un contrôle des gouvernés sur les gouvernants.
_ D'autre part, le concept de liberté autonomie qui est un 2ème concept de la notion de liberté qui se définit comme étant l'absence de contrainte. Cette liberté signifie que l'homme peut tout faire à condition de respecter la liberté des autres.
Le libéralisme est avant tout commandé par la croyance. Cette croyance peut s'exercer dans plusieurs domaines et en particulier dans les domaines politiques et économiques.
Tous les libéraux s'affirment dans le domaine politique, en revanche le libéralisme économique s'exprime à travers le principe de la liberté du commerce et de l'industrie.
Le libéralisme recouvre-t-il à la fois le libéralisme politique et économique ? Dans le cas contraire, il existerait 2 formes de libéralismes séparés : l'un économique et l'autre politique.
En effet, certains auteurs défendent la thèse selon laquelle le libéralisme ne peut être divisé, il existe donc un seul libéralisme qui est à la fois économique et politique.
D'autres auteurs soutiennent l'idée selon laquelle au sein du libéralisme il existe 2 libéralismes : l'économique et le politique. Le libéralisme politique est historiquement la première forme de libéralisme dans la mesure où il constitue le fondement doctrinal du gouvernement représentatif et de la démocratie parlementaire. Ce libéralisme politique implique également le multipartisme et le pluralisme politique. D'abord, il y a la liberté politique. Selon M. Horion, elle consiste en la participation plus ou moins directe de tous les citoyens au gouvernement et particulièrement à la confection de la loi mais cette liberté politique impose un certain nombre de limites aux hommes politiques : il s'agit de subordonner le pouvoir à la notion de liberté politique ; l'organisation politique est telle que le libéralisme politique commande la mise en place d'une certaine forme d'organisation politique fondée sur des principes démocratiques. Parmi ces principes, il y a des institutions politiques (Assemblée nationale), principe de la séparation des pouvoirs. Cette séparation est une garantie pour le libéralisme politique. Notion de pluralisme : ce principe est un système dans lequel la compétition politique doit en principe se dérouler entre plusieurs formations politiques ou partis politiques.
Le libéralisme économique : dans la pensée libérale, la notion de liberté est le moteur le plus favorable de la vie économique. La liberté est entendue ici comme la recherche du profit. Il y a 3 principes qui gouvernent le libéralisme économique :
_ Notion de profit (le profit est considéré par les libéraux comme étant le meilleur moteur des activités économiques)
_ La concurrence : elle doit être la loi suprême dans le domaine économique
_ Le droit de propriété privée considéré comme étant un droit fondamental que l'on doit protéger, c'est aussi un droit naturel. Ce droit est inviolable.
Le libéralisme repose également sur des limites : le non-interventionnisme économique, c'est à dire que l'Etat ne doit pas intervenir dans le domaine économique car son intervention fausserait la concurrence.
II/ Le socialisme
Le socialisme est un courant opposé au libéralisme, c'est aussi un courant qui a revêtu plusieurs formes : la pensée socialiste repose sur la conviction selon laquelle toute société peut être organisée, c'est à dire qu'elle peut subir des transformations de manière satisfaisante. Le socialisme peut donc se définir comme étant une doctrine politique qui tend à établir l'égalité entre les citoyens. C'est un courant anti-libéral et qui milite pour une socialisation de l'économie, c'est à dire que l'Etat doit en principe intervenir dans le domaine économique. C'est aussi un courant qui rejette les lois du marché. En France, le socialisme est apparu quand le libéralisme a dominé tous les domaines, notamment les domaines économiques et politiques. C'est un courant qui date du 19ème siècle (en France) mais il n'existe pas un seul socialisme, mais plusieurs doctrines socialistes.
A/ L e socialisme scientifique
Le socialisme scientifique est le socialisme fondé sur la pensée de K. Marx. Après l'effondrement de l'URSS, l'application pratique de cette doctrine posait un véritable problème. C'est une doctrine qui est condamnée à disparaître, elle est en effet beaucoup plus philosophique que politique. Elle propose une explication générale du monde par rapport aux transformations. Marx fonde sa doctrine sur la lutte des classes, selon lui, il existe 2 classes fondamentalement antagonistes : le prolétariat et la bourgeoisie. L'histoire de toute société selon Marx jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de la lutte des classes. Cette lutte est liée à l'exploitation de la majorité prolétarienne par la minorité bourgeoise.
En effet, selon Marx, l'idée est que dans cette société capitaliste c'est la bourgeoisie qui détient le capital, c'est à dire les moyens de production et la propriété privée. Cette classe tire profit du travail des autres (prolétaires) et ce prolétariat constitue la classe antagoniste à la bourgeoisie. Pour Marx, c'est la production capitaliste qui est à l'origine de cette lutte. En effet, cette production capitaliste ne profite pas aux prolétaires qui sont en position de faiblesse. Dans ces conditions, Marx souligne que le prolétaire n'a pour richesse que sa force de travail, qu'il va alors vendre à la bourgeoisie.
Cette lutte des classes occupe une place centrale dans la théorie marxiste. Elle est également le moteur du déroulement de l'histoire. Pour Marx, cette lutte est générale et éternelle et elle existe dans toutes les sociétés modernes (notamment dans les sociétés capitalistes). Selon lui, il faut mettre un terme de manière définitive à cette lutte et il propose une solution : seule la révolution marquera la victoire définitive du prolétariat sur la bourgeoisie ; il revient à ce prolétariat d'instaurer sa propre dictature afin de renverser la classe des bourgeois. De même, Marx préconise la suppression pure et simple de la propriété privée car elle est la cause unique des antagonismes des classes. Selon lui, une fois la socialisation des moyens de production instaurée, les antagonismes de classes vont disparaître. C'est ce qu'on appelle « l'âge d'or de la société communiste ».
De même, la doctrine marxiste est fondée sur la critique de la notion d'Etat. Cette doctrine critique le rôle de l'Etat pendant la lutte. Marx rappelle que l'Etat n'a pas toujours existé et que l'existence de l'Etat pour lui est donc liée aux antagonismes sociaux. Il définit l'Etat comme étant une organisation politique de la classe qui détient le pouvoir économique (bourgeoisie). Pour Marx, l'Etat est en quelque sorte le responsable de cette lutte.
Cette doctrine a été poursuivie par Lénine mais avec l'effondrement du bloc communiste, cette doctrine est appelée à disparaître. Pour l'instant, il y a encore quelques Etats comme la Chine ou Cuba qui essaient d'appliquer cette doctrine.
B/ Le socialisme démocratique
C'est aussi un courant socialiste. Il n'est pas dominé par la pensée marxiste. En effet, le socialisme démocratique diverge sur plusieurs points de la doctrine marxiste. C'est un courant qui préconise la conciliation de l'établissement d'une société socialiste avec le respect des règles démocratiques. C'est un courant ouvert qui accepte l'alternance. Ce courant milite pour le respect des libertés fondamentales. Le socialisme démocratique caractérise le socialisme britannique depuis le 18ème siècle ainsi que le socialisme allemand depuis le milieu du 20ème siècle. C'est un socialisme considéré comme étant idéaliste. C'est aussi un socialisme plus pragmatique, c'est à dire dont l'objectif est la réduction des inégalités dans toute société humaine.
Parmi les auteurs français qui défendent ce courant :
_ Jean Jaurès (1859-1914) : selon lui, il y a volonté de créer un socialisme de conciliation. Il a toujours cherché à concilier le marxisme et le socialisme non-marxiste. Sa pensée repose aussi sur l'affirmation suprême du Droit individuel. Pour lui, rien n'est au-dessus de l'homme, c'est à dire de la personne humaine.
_ André Philip (1902-1970) : son socialisme est d'inspiration chrétienne. Selon lui, le socialisme doit s'inspirer des valeurs chrétiennes et démocratiques pour résoudre les problèmes de la société actuelle.
_ Léon Blum (1872-1950) : c'est un auteur qui défend le socialisme humaniste. Pour lui, le but essentiel du socialisme est de libérer la personne humaine des difficultés que nous rencontrons dans la société.
III/ Le nationalisme
Le nationalisme est une idéologie ambiguë. C'est une idéologie qui fait de la Nation une valeur, voire même la valeur suprême.
En France, le nationalisme apparaît dès la fin du 18ème siècle mais le terme nationalisme à l'époque était très peu utilisé. Le nationalisme recouvre des réalités assez différentes. Quand on parle de nationalisme, on fait toujours allusion à la notion de patriotisme.
Le nationalisme peut correspondre également à une doctrine selon laquelle seule la nation doit être au-dessus d'autres institutions.
Il n'y a pas une seule forme de nationalisme : il y a le nationalisme de droite et celui de gauche. Il y a un nationalisme politique qui est la première forme de nationalisme ; il y a ensuite le nationalisme linguistique ; le nationalisme culturel qui a pour mission de préserver l'identité culturelle française ; le nationalisme économique qui s'oppose à l'importation de produits étrangers (forme de protectionnisme) ; enfin, le nationalisme français qui peut être divisé en 2 :
_ Nationalisme ouvert : symbole de la démocratie, de la liberté. C'est un nationalisme de gauche, à la fois modéré et pas réactionnaire
_ Nationalisme fermé : c'est le plus dur, il est divisé en 2 courants à l'heure actuelle qui sont le FN et le MNR.
Chapitre 2 : Les régimes politiques
Section 1 : Les régimes autoritaires, dictatures et totalitarisme
Le régime principal est le mode d'existence politique d'une collectivité sociale (la nation ou encore l'Etat). Selon J.L Quermonne, le régime politique est un des éléments d'ordre idéologique, institutionnel et sociologique qui concurrent à former le gouvernement d'un pays pendant une période déterminée. Selon l'auteur, la notion de régime politique comporte 4 composantes :
_ Le principe de légitimité
_ La structure des institutions
_ Le système des partis politiques
_ La forme et le rôle de l'Etat
La légitimité d'un régime politique est garantie par des règles et acceptée par les citoyens. Ces règles sont formalisées dans les démocraties occidentales dans un texte appelé la constitution. Cette constitution comprend toujours un préambule qui fait lui-même référence à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, et à d'autres textes.
Dans de tels régimes, le pouvoir est concentré dans les mains d'une seule personne. De même, les libertés fondamentales sont presque inexistantes.
I/ Les formes anciennes de régimes autoritaires
A/ La classification d'Aristote
Aristote est le premier à avoir tenté d'établir une classification des régimes politiques : les régimes purs et les régimes corrompus.
S'agissant des formes pures, dans ces régimes, les dirigeants gouvernent dans l'intérêt général tandis que dans les formes corrompues, les dirigeants gouvernent dans leur propre intérêt.
Dans les formes pures, Aristote distingue 3 séries de régime :
_ La monarchie : lorsque le gouvernement appartient à un seul homme
_ Le régime aristocratique : dans ce régime, le gouvernement appartient à plusieurs membres
_ La république où le pouvoir est exercé par des représentants.
Il y a 3 régimes de forme corrompue :
_ Tyrannique
_ Oligarchie
_ Démocratie
De même, Aristote présente une analyse dynamique des régimes politiques. Pour cet auteur, les régimes politiques ne sont pas figés, ils évoluent suivant un cycle de transformation sociale. Il avance plusieurs raisons :
_ Les causes générales : elles peuvent être à l'origine de la disparition d'un régime politique lorsqu'il y a des manifestations contre le pouvoir. Le facteur géographique est prie en compte avec le déséquilibre entre les différentes parties du territoire. Facteurs sociaux avec les divisions entre les classes
_ Les causes particulières : il s'agit des abus de pouvoir des gouvernants. Ces causes peuvent également être à l'origine de la disparition d'un régime.
B/ Absolutisme, despotisme et dictature
L'absolutisme désigne historiquement en France la conception qui a servi aux monarques à asseoir leur autorité. Cela signifie aussi que le roi est supérieur aux sujets. Il tient son pouvoir de Dieu. Il est délié des lois. Cela signifie aussi que le pouvoir royal est un pouvoir illimité.
Le despotisme est un régime qui est condamnable car le despote est toujours supérieur aux autres. Ce qui caractérise le despotisme, c'est l'arbitraire. Or dans un tel régime, les règles démocratiques ne sont pas respectées. Le despote se distingue du tyran par le mode d'acquisition du pouvoir. C'est un régime autoritaire.
La dictature est une forme ancienne de régime politique. Dans ce régime, les libertés fondamentales sont presque inexistantes. Il n'y a pas non plus d'alternance entre les différentes formations politiques car le pouvoir est détenu par un leader que l'on qualifie couramment de dictateur.
II/ Les formes contemporaines de régimes autoritaires
A/ L'imprécision des notions
Dans ces régimes autoritaires, l'exercice du pouvoir est détenu par un leader. Ces régimes se caractérisent par le refus du jeu démocratique, c'est à dire le refus catégorique d'organiser des élections libres et transparentes entre différentes formations politiques.
A la différence des régimes politiques démocratiques, les régimes autoritaires contrôlent la vie politique. Dans un tel régime, le recrutement des dirigeants politiques relève de la captation.
B/ Les fascismes
Concernant les pays fascistes, c'est un régime différent du régime autoritaire. C'est une doctrine révolutionnaire qui veut toujours remettre en cause l'ordre établi. C'est un régime qui refuse les règles démocratiques. Il se caractérise par un refus du libéralisme. Sur le plan économique, ce régime refuse le capitalisme. Sur le plan politique, l'Etat fasciste est totalitaire car les libertés fondamentales sont de plus en plus supprimées. Il n'y a pas non plus de syndicats. En revanche il y a un parti unique.
III/ Le totalitarisme
A/ Définition du totalitarisme
Les régimes totalitaires se distinguent fondamentalement des régimes autoritaires. Il n'y a pas un définition unique du mot totalitarisme car la notion fait l'objet de divergences doctrinales. Certains auteurs ont même soutenu que le totalitarisme n'était pas un concept de sciences politiques. Ce qui caractérise le système totalitaire, c'est la domination totale. En effet, cette domination permet de faire la distinction avec d'autres régimes politiques de dictature et de tyrannie.
R. Aron a voulu définir le totalitarisme avec 5 éléments :
_ Il intervient dans un régime qui accorde à un seul parti le monopole de l'activité politique
_ Il confère une autorité absolue à une seule personne, et cette personne détient la vérité officielle
_ Le monopole des radios et T.V, ainsi que de la presse écrite
_ Les activités économiques et professionnelles sont soumises à l'Etat
_ Les activités économiques sont soumises à une idéologie.
B/ Les traits du totalitarisme
C'est un système qui prétend dire la vérité. Dans ce système, le pouvoir se présente comme la source de la vérité. Et le détenteur de cette vérité doit la faire connaître par une propagande. CE système est fondé sur la violence omniprésente. On conclut que ce régime a des conséquences sur la société humaine.
Section 2 : Les régimes démocratiques
Ces régimes sont différents des régimes totalitaires. Le principe de la séparation des pouvoirs est strictement respecté ( pouvoir législatif, exécutif). De même, le pluralisme syndical est garanti par des normes.
I/ La notion de démocratie
A/ Le contenu de la démocratie
La plupart des pays occidentaux se prétendent démocratiques. Selon A. de Tocqueville, la démocratie c'est d'abord et avant tout l'égalité des conditions de vie, c'est à dire la participation du peuple à la gestion. Traditionnellement on définit le gouvernement du peuple par le peuple. La démocratie repose donc sur le principe selon lequel le pouvoir appartient au peuple. Mais la mise en œuvre de ce principe varie en fonction de la forme de démocratie retenue car il en existe 3 :
_ Démocratie directe
_ Démocratie semi-directe
_ Démocratie représentative
1°- Démocratie directe
Forme la plus pure de la démocratie. IL s'agit d'un régime dans lequel le peuple exerce directement le pouvoir. Il détient lui-même la souveraineté populaire. Dans un tel régime, chaque citoyen dispose d'une parcelle de souveraineté. Mais sa mise en œuvre est impossible à l'heure actuelle.
2°- Démocratie semi-directe
Elle implique la coexistence d'organes représentatifs et de procédures d'intervention populaires directes. Longtemps, la démocratie semi-directe n'a été pratiquée que par quelques rares Etats (Suisse, U.S.A). Cette démocratie permet aux citoyens de participer à la prise de décisions.
3°- Démocratie représentative
C'est la forme la plus connue, la plus répandue. Dans la conception française, la démocratie représentative repose sur la souveraineté nationale. Cette souveraineté est gérée par des représentants (sénateurs, ...)
D'une manière générale, le système représentatif repose sur le postulat selon lequel le peuple veut matériellement exercer lui-même la souveraineté nationale. Cette conception de la démocratie représentative a été retenue par les auteurs et rédacteurs de la Constitution de 1958.
B/ La démocratie, forme de gouvernement
Dans tous les États démocratiques, il existe un gouvernement qui représente le pouvoir exécutif. Le pouvoir est assuré par les représentants du peuple qui sont élus au suffrage universel direct. C'est un gouvernement qui agit dans l'intérêt général, c'est à dire l'intérêt de la population, des citoyens.
II/ L'unité ou lu dualité de la démocratie
La question principale que l'on peut poser est celle de savoir s'il existe une seule conception de la démocratie ou 2, c'est à dire la démocratie libérale et la démocratie marxiste.
A/ L'opposition historique entre démocratie libérale et marxiste
Quand on parle de démocratie libérale, on pense en effet à la démocratie politique et économique et sociale. La démocratie politique se rattache à un certain courant philosophique qui englobe aussi bien les éléments dus à l'héritage chrétien qui caractérise la pensée occidentale au 18ème siècle.
Il y a ensuite la démocratie économique et sociale. Cette démocratie a été souvent confondue avec la démocratie marxiste mais c'est faux. La démocratie marxiste se définit à partir d'une certaine philosophie, elle se traduit par certains procédés qui apparaissent comme étant l'antithèse des procédés de la démocratie libérale.
Dans la démocratie marxiste, le suffrage universel ne peut être utilisé pour parvenir à l'instauration de la société révolutionnaire. En effet, pour cette doctrine, le suffrage universel constitue sans aucun doute un moyen pour la classe bourgeoise d'asseoir sa domination sur d'autres classes. Un certain nombre d'auteurs pensent que le refus du suffrage universel par la démocratie marxiste est motivé par les considérations pratiques, c'est à dire que le suffrage universel serait susceptible de ramener au pouvoir les anciennes classes dirigeantes.
Dans une démocratie libérale comme en France, le principe de la séparation des pouvoirs est strictement respecté par les différentes institutions publiques.
En revanche, dans la démocratie marxiste, le principe de la séparation des pouvoirs est inexistant car on affirme le principe de l'unité du pouvoir.
En effet, pour les marxistes, la séparation des pouvoirs n'est qu'une façade car le vrai pouvoir est détenu par une minorité, celle des élites.
B/ La fin de cette opposition (démocratie libérale et marxiste)
Les éléments qui sont à l'origine de l'effondrement du système communiste sont à l'origine de la fin de l'opposition entre ces 2 formes de démocratie. Désormais, il existe dans la plupart des pays occidentaux une seule forme de démocratie, c'est la démocratie libérale.
III/ L'évolution contemporaine des démocraties
Les régimes démocratiques subissent une évolution mais ce ne sont pas les principes qui changent mais les conditions de vie sociale. Parmi les causes de cette évolution, il y a les techniques. Ces nouvelles techniques modifient la vie quotidienne des citoyens en la rendant plus facile.
A/ La croissance du pouvoir
Elle englobe plusieurs éléments parmi lesquels la personnalisation du pouvoir, puis la corruption. La personnalisation du pouvoir est une expression très fréquemment utilisée dans les démocraties occidentales. Cette notion en recouvre elle-même 2 autres.
1°- La personnalisation du pouvoir
C'est un phénomène récent, c'est la manière dont le détenteur réel ou supposé du pouvoir est représenté par l'opinion publique. Quand on parle de personnification du pouvoir, cela évoque presque toujours la personnification du pouvoir politique au profit d'un organe qui est le pouvoir exécutif. Cette personnalisation joue à échelon national et local.
Quelles sont les causes de la personnification ?
Elles sont multiples : parmi elles, le développement des techniques de communication qui jouent un rôle fondamental. En effet, la plupart des dirigeants politiques utilisent couramment les moyens de communication pour faire connaître le programme du parti. Ces moyens sont indispensables dans un État démocratique car ils permettent à l'opinion publique de suivre la politique menée par le gouvernement.
2°- L'action de persuasion du pouvoir
La concentration du pouvoir est un phénomène objectif, c'est la remise à une personne ou à u groupe d'hommes la plus grande partie de l'autorité politique. C'est un phénomène récent qui présente des inconvénients dans un État démocratique car elle peut se transformer en dictature.
Avantages dans la mesure où le gouvernement se voit attribuer de nouvelles compétences dans tous les domaines. Ces compétences sont la reconnaissance des responsabilités reconnues à l'État en matière économique et sociale.
C'est une propagande utilisée sous forme de publicité politique couramment appelé le marketing politique. De plus, c'est totalement différent du marketing.
En effet, le marketing électoral a pour objectif principal de convaincre un nombre élevé pendant la campagne électorale tandis que le marketing politique a pour objet l'optimisation du nombre de militants, c'est à dire le recrutement massif de militants afin de permettre le financement du parti. Il est différent du marketing commercial car il ne s'agit pas de vendre un produit. Le marketing politique est conforme aux règles démocratiques.
B/ L'acceptation du pouvoir
Dans la plupart des démocraties occidentales, l'exercice du pouvoir peut se heurter à l'opposition de la population mais quand on parle de l'acceptation du pouvoir, on parle de la participation de la population aux affaires publiques à échelon local et national.
En effet, si tous les citoyens se désintéressaient de la chose publique, la démocratie serait en péril, c'est pourquoi la participation de la population est indispensable dans un Etat de droit même si cette population ne peut pas exercer elle-même le pouvoir. Il y a ensuite la contestation qui est l'action de la population à l'encontre d'un régime politique. La contestation peut être exercée par l'opposition en place, ou à l'intérieur du pouvoir politique, c'est à dire dans le cadre d'un Etat de droit.
C/ La corruption
1°- La mesure de la corruption
Par opposition, il faut entendre l'action des groupes politiques contre les détenteurs du pouvoir. La corruption est devenu un véritable fléau dans les démocraties occidentales.
2°- Les mesures contre la corruption
C'est la raison pour laquelle le pouvoir législatif en France a adopté différents textes afin de moraliser la vie politique française. Toutes ces mesures ne sont pas efficaces car certaines formations politiques bénéficient d'un financement occulte.
Première partie : l'organisation politique de la cité
Intro : La vie dans la cité contemporaine s'organise, s'articule largement par rapport à l'organisation politique. En effet, celle-ci conditionne désormais les autres domaines de la vie en société. L'organisation politique est d'abord représenté par un cadre politique à l'intérieur duquel vont se dérouler la vie politique ainsi que toutes les relations sociales.
Chapitre 1 ; Le pouvoir
La notion de pouvoir est une notion indéterminée. Le pouvoir est défini comme étant un concept figé, une entité. Le pouvoir est le fait de disposer des moyens naturels ou occasionnels qui permettent une action. C'est donc une possibilité ou encore une faculté d'agir, c'est aussi la capacité de faire quelque chose tout en respectant les autres, c'est aussi un droit reconnu à toute personne, c'est aussi le pouvoir d'agir sur quelque chose. Chacun de nous est titulaire d'une parcelle de pouvoir.
Section 1 : Le pouvoir et l'Etat
Il existe entre le pouvoir et l'Etat des relations normales. L'Etat contemporain se présente comme étant une institution, une personne morale, différente de la personne physique.
I/ Le Pouvoir de l'Etat
A/ L'Etat, une réalité essentielle
Selon la définition classique de la notion d'Etat, celui-ci est un mode d'organisation des hommes avec une certaine répartition du pouvoir, ce qui ne veut pas dire que l'Etat est la seule forme d'organisation du pouvoir. Il en existe d'autres, comme par exemple les institutions publiques.
De même, la religion est aussi considérée comme étant un mode d'organisation du pouvoir.
A la différence des institutions publiques, l'Etat est devenu ajd'hui la forme d'organisation du pouvoir la plus importante et devient ainsi le centre de la réflexion politique. Il est considéré par certains auteurs comme étant une valeur parfois suprême. L'Etat est en même temps le pouvoir par excellence car il est le seul capable de régler tous les problèmes qui se posent dans la société.
L'Etat est en même temps la source du pouvoir car parler du pouvoir, c'est parler de l'Etat ou encore de la puissance publique, c'est parler également de l'autorité détentrice du pouvoir politique.
B/ L'Etat, une réalité finalisée
Bien que l'Etat soit le détenteur du pouvoir par excellence, la notion de pouvoir politique implique par elle-même la recherche de l'intérêt de la communauté, c'est à dire de la communauté dans laquelle nous vivons. De même, les intérêts au sein d'un groupe peuvent être des intérêts conflictuels (d'une part les dominants, d'autre part les dominés). Mais ceux-ci ne peuvent être surmontés que s'il existe un pouvoir reconnu apte et capable d'arbitrer ces conflits. Ce pouvoir est le pouvoir politique. En effet, selon certains auteurs, notamment Hobbes, « l'Etat doit mettre fin à la guerre de tous contre tous. » Cela veut dire que tant que les hommes ne seront pas soumis à un pouvoir fort, il y aura toujours des conflits. Le but du pouvoir n'est pas seulement la recherche des solutions aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Mais le pouvoir permet à celui qui le détient de rechercher l'intérêt supérieur de la communauté, c'est à dire l'intérêt commun ou encore l'intérêt général. En ce qui concerne le bien commun, toute société organisée le recherche. En effet, quelque soit la société considérée, quelque soit les choix effectués par les gouvernements, les éléments du bien peuvent se résumer en 2 points : l'ordre et la justice.
L'ordre apparaît comme le bien recherché par toute société. La société dans laquelle nous vivons ne peut accepter que les hommes vivent dans le désordre.
La justice quant à elle est une vertu politique, donc il ne peut y avoir de justice sans l'ordre politique.
L'intérêt général est apparu avec l'Etat moderne, cette notion qui est différente de l'intérêt privé, mais la notion d'intérêt général n'est pas clairement définie, c'est une notion ambiguë qui soulève plusieurs interrogations ?
II/ Les pouvoirs de l'Etat
A/ Les formes de pouvoir
Toute société produit des phénomènes de pouvoir. En effet, les sociétés humaines sont marquées par des phénomènes de pouvoir plus complexes. C'est à dire que le pouvoir est partout (même dans la famille). De même créent des phénomènes de pouvoir.
B/ Les effets sur l'Etat des pouvoirs
Le pouvoir politique n'est pas sans limites, il existe des contre-pouvoirs, c'est à dire tous les centres organisés de décision, de contrôle, d'influence qui par leur existence ou par leurs actes limitent l'exercice du pouvoir politique. On distingue 3 catégories principales de contre-pouvoir :
_ Le contre-pouvoir institutionnel qui est prévu pour assurer l'équilibre interne du pouvoir. Ils ont pour mission principale d'éviter des excès, ex assemblée parlementaire, juridictions, ...
_ contre-pouvoir politique, c'est le cas des partis politiques qui ont pour mission de contrôler l'activité du gouvernement
_ contre-pouvoir social, c'est le cas des syndicats (CGT, FO)
Phénomène social par excellence, le pouvoir politique demeure dure à cerner car cette notion soulève toujours des interrogations. Les auteurs ne sont pas unanimes quant à sa définition.
Section 2 : Les idéologies et le pouvoir
Déf : A l'origine, le mot idéologie désignait une science ayant pour objet l'étude des idées mais cette définition est dépassée. Pour Marx, la notion d'idéologie a un sens particulier : pour lui, « l'idéologie n'est plus une science consacrée aux idées, mais plutôt un ensemble de théories et de valeurs produites par les sujets sociaux et qui sont le reflet de leur situation matérielle »
Pour Lapierre, « l'idéologie est un ensemble de représentations collectives par lesquelles s'affirme une hiérarchie des normes et des valeurs »
En résumé, les auteurs s'accordent sur l'idée de représentation collective que constitue une idéologie mais il existe plusieurs idéologies (le libéralisme, le socialisme, le nationalisme, ...)
S'agissant des rapports entre les idéologies et les partis politiques, les partis politiques sont des lieux de production idéologique. Les partis de gauche sont très attachés à leur idéologie, c'est le cas du PCF.
I/ Le libéralisme
Le libéralisme fut d'abord une doctrine de gauche destinée à lutter contre l'arbitraire et l'absolutisme royal. C'est un mouvement de pensée qui se veut libérateur de l'ordre social mais le terme libéralisme a été utilisé pour la première fois par B. Constant en 1821. Cet auteur est le père du terme libéralisme. Le libéralisme accorde une place prépondérante à la notion de liberté qui est une notion de base de cette idéologie. Pour certains auteurs, on ne peut pas définir le libéralisme comme étant la doctrine de la liberté tout simplement car il s'agit d'une doctrine dont tout le monde se réclame. Pour B. Constant, la liberté c'est d'abord le pouvoir de voter, ensuite d'exercer les fonctions qui tiennent à la souveraineté de l'Etat, c'est à dire de légiférer. La liberté est donc le droit pour chacun de n'être soumis qu'aux lois, de ne pouvoir être arrêté ou détenu, ni mis à mort ni maltraité d'aucune manière par l'effet de la volonté arbitraire d'un ou plusieurs individus.
Quand on parle de liberté, il s'agit de liberté individuelle, c'est à dire la liberté d'aller et venir, c'est en quelque sorte le pouvoir d'autodétermination en vertu duquel l'homme détermine son comportement. Cette liberté est conçue de 2 manières :
_ Etre libre, c'est pouvoir agir sans contraintes, en fonction de ses désirs, c'est une aspiration fondamentale chez l'homme ;
_ Comme étant la faculté dont dispose chaque être humain, mais selon St Exupéry, la liberté n'est pas celle d'airer dans le vide mais de choisir sa voie avec ses limites. Pour certains auteurs, la liberté ne serait donc pas la règle mais plutôt l'exception.
Quand on parle de liberté au pluriel, celles-ci concernent la liberté politique, les libertés collectives, la liberté d'expression et d'opinion.
A/ La définition du libéralisme
En France, le libéralisme correspond à la philosophie de la classe bourgeoise, c'est un libéralisme de caractère politique et économique. Pour François Benoid, le libéralisme est d'abord une volonté, c'est la volonté pour chacun de nous de construire son destin, d'être libre. Mais ce libéralisme est concurrencé par le socialisme. IL existe une différence fondamentale entre ces 2 idéologies : ce sont 2 courants opposés, le libéralisme prend l'homme avec ses qualités et ses défauts tandis que le socialisme cherche à construire un homme nouveau, c'est à dire à nous transformer. Le libéralisme fait confiance à l'homme ainsi qu'à ses qualités intellectuelles et morales.
B/ Les fondements et les formes du libéralisme
Le terme libéralisme trouve ses origines dans le concept de liberté, mais il y a 2 concepts de libertés :
_ d'une part, il y a le concept de liberté participation, c'est à dire que l'homme n'est libre que dans la mesure où le pouvoir politique ne lui impose des ordres ou des devoirs auxquels il n'a pas librement consenti. Cette liberté participation implique aussi un contrôle des gouvernés sur les gouvernants.
_ D'autre part, le concept de liberté autonomie qui est un 2ème concept de la notion de liberté qui se définit comme étant l'absence de contrainte. Cette liberté signifie que l'homme peut tout faire à condition de respecter la liberté des autres.
Le libéralisme est avant tout commandé par la croyance. Cette croyance peut s'exercer dans plusieurs domaines et en particulier dans les domaines politiques et économiques.
Tous les libéraux s'affirment dans le domaine politique, en revanche le libéralisme économique s'exprime à travers le principe de la liberté du commerce et de l'industrie.
Le libéralisme recouvre-t-il à la fois le libéralisme politique et économique ? Dans le cas contraire, il existerait 2 formes de libéralismes séparés : l'un économique et l'autre politique.
En effet, certains auteurs défendent la thèse selon laquelle le libéralisme ne peut être divisé, il existe donc un seul libéralisme qui est à la fois économique et politique.
D'autres auteurs soutiennent l'idée selon laquelle au sein du libéralisme il existe 2 libéralismes : l'économique et le politique. Le libéralisme politique est historiquement la première forme de libéralisme dans la mesure où il constitue le fondement doctrinal du gouvernement représentatif et de la démocratie parlementaire. Ce libéralisme politique implique également le multipartisme et le pluralisme politique. D'abord, il y a la liberté politique. Selon M. Horion, elle consiste en la participation plus ou moins directe de tous les citoyens au gouvernement et particulièrement à la confection de la loi mais cette liberté politique impose un certain nombre de limites aux hommes politiques : il s'agit de subordonner le pouvoir à la notion de liberté politique ; l'organisation politique est telle que le libéralisme politique commande la mise en place d'une certaine forme d'organisation politique fondée sur des principes démocratiques. Parmi ces principes, il y a des institutions politiques (Assemblée nationale), principe de la séparation des pouvoirs. Cette séparation est une garantie pour le libéralisme politique. Notion de pluralisme : ce principe est un système dans lequel la compétition politique doit en principe se dérouler entre plusieurs formations politiques ou partis politiques.
Le libéralisme économique : dans la pensée libérale, la notion de liberté est le moteur le plus favorable de la vie économique. La liberté est entendue ici comme la recherche du profit. Il y a 3 principes qui gouvernent le libéralisme économique :
_ Notion de profit (le profit est considéré par les libéraux comme étant le meilleur moteur des activités économiques)
_ La concurrence : elle doit être la loi suprême dans le domaine économique
_ Le droit de propriété privée considéré comme étant un droit fondamental que l'on doit protéger, c'est aussi un droit naturel. Ce droit est inviolable.
Le libéralisme repose également sur des limites : le non-interventionnisme économique, c'est à dire que l'Etat ne doit pas intervenir dans le domaine économique car son intervention fausserait la concurrence.
II/ Le socialisme
Le socialisme est un courant opposé au libéralisme, c'est aussi un courant qui a revêtu plusieurs formes : la pensée socialiste repose sur la conviction selon laquelle toute société peut être organisée, c'est à dire qu'elle peut subir des transformations de manière satisfaisante. Le socialisme peut donc se définir comme étant une doctrine politique qui tend à établir l'égalité entre les citoyens. C'est un courant anti-libéral et qui milite pour une socialisation de l'économie, c'est à dire que l'Etat doit en principe intervenir dans le domaine économique. C'est aussi un courant qui rejette les lois du marché. En France, le socialisme est apparu quand le libéralisme a dominé tous les domaines, notamment les domaines économiques et politiques. C'est un courant qui date du 19ème siècle (en France) mais il n'existe pas un seul socialisme, mais plusieurs doctrines socialistes.
A/ L e socialisme scientifique
Le socialisme scientifique est le socialisme fondé sur la pensée de K. Marx. Après l'effondrement de l'URSS, l'application pratique de cette doctrine posait un véritable problème. C'est une doctrine qui est condamnée à disparaître, elle est en effet beaucoup plus philosophique que politique. Elle propose une explication générale du monde par rapport aux transformations. Marx fonde sa doctrine sur la lutte des classes, selon lui, il existe 2 classes fondamentalement antagonistes : le prolétariat et la bourgeoisie. L'histoire de toute société selon Marx jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de la lutte des classes. Cette lutte est liée à l'exploitation de la majorité prolétarienne par la minorité bourgeoise.
En effet, selon Marx, l'idée est que dans cette société capitaliste c'est la bourgeoisie qui détient le capital, c'est à dire les moyens de production et la propriété privée. Cette classe tire profit du travail des autres (prolétaires) et ce prolétariat constitue la classe antagoniste à la bourgeoisie. Pour Marx, c'est la production capitaliste qui est à l'origine de cette lutte. En effet, cette production capitaliste ne profite pas aux prolétaires qui sont en position de faiblesse. Dans ces conditions, Marx souligne que le prolétaire n'a pour richesse que sa force de travail, qu'il va alors vendre à la bourgeoisie.
Cette lutte des classes occupe une place centrale dans la théorie marxiste. Elle est également le moteur du déroulement de l'histoire. Pour Marx, cette lutte est générale et éternelle et elle existe dans toutes les sociétés modernes (notamment dans les sociétés capitalistes). Selon lui, il faut mettre un terme de manière définitive à cette lutte et il propose une solution : seule la révolution marquera la victoire définitive du prolétariat sur la bourgeoisie ; il revient à ce prolétariat d'instaurer sa propre dictature afin de renverser la classe des bourgeois. De même, Marx préconise la suppression pure et simple de la propriété privée car elle est la cause unique des antagonismes des classes. Selon lui, une fois la socialisation des moyens de production instaurée, les antagonismes de classes vont disparaître. C'est ce qu'on appelle « l'âge d'or de la société communiste ».
De même, la doctrine marxiste est fondée sur la critique de la notion d'Etat. Cette doctrine critique le rôle de l'Etat pendant la lutte. Marx rappelle que l'Etat n'a pas toujours existé et que l'existence de l'Etat pour lui est donc liée aux antagonismes sociaux. Il définit l'Etat comme étant une organisation politique de la classe qui détient le pouvoir économique (bourgeoisie). Pour Marx, l'Etat est en quelque sorte le responsable de cette lutte.
Cette doctrine a été poursuivie par Lénine mais avec l'effondrement du bloc communiste, cette doctrine est appelée à disparaître. Pour l'instant, il y a encore quelques Etats comme la Chine ou Cuba qui essaient d'appliquer cette doctrine.
B/ Le socialisme démocratique
C'est aussi un courant socialiste. Il n'est pas dominé par la pensée marxiste. En effet, le socialisme démocratique diverge sur plusieurs points de la doctrine marxiste. C'est un courant qui préconise la conciliation de l'établissement d'une société socialiste avec le respect des règles démocratiques. C'est un courant ouvert qui accepte l'alternance. Ce courant milite pour le respect des libertés fondamentales. Le socialisme démocratique caractérise le socialisme britannique depuis le 18ème siècle ainsi que le socialisme allemand depuis le milieu du 20ème siècle. C'est un socialisme considéré comme étant idéaliste. C'est aussi un socialisme plus pragmatique, c'est à dire dont l'objectif est la réduction des inégalités dans toute société humaine.
Parmi les auteurs français qui défendent ce courant :
_ Jean Jaurès (1859-1914) : selon lui, il y a volonté de créer un socialisme de conciliation. Il a toujours cherché à concilier le marxisme et le socialisme non-marxiste. Sa pensée repose aussi sur l'affirmation suprême du Droit individuel. Pour lui, rien n'est au-dessus de l'homme, c'est à dire de la personne humaine.
_ André Philip (1902-1970) : son socialisme est d'inspiration chrétienne. Selon lui, le socialisme doit s'inspirer des valeurs chrétiennes et démocratiques pour résoudre les problèmes de la société actuelle.
_ Léon Blum (1872-1950) : c'est un auteur qui défend le socialisme humaniste. Pour lui, le but essentiel du socialisme est de libérer la personne humaine des difficultés que nous rencontrons dans la société.
III/ Le nationalisme
Le nationalisme est une idéologie ambiguë. C'est une idéologie qui fait de la Nation une valeur, voire même la valeur suprême.
En France, le nationalisme apparaît dès la fin du 18ème siècle mais le terme nationalisme à l'époque était très peu utilisé. Le nationalisme recouvre des réalités assez différentes. Quand on parle de nationalisme, on fait toujours allusion à la notion de patriotisme.
Le nationalisme peut correspondre également à une doctrine selon laquelle seule la nation doit être au-dessus d'autres institutions.
Il n'y a pas une seule forme de nationalisme : il y a le nationalisme de droite et celui de gauche. Il y a un nationalisme politique qui est la première forme de nationalisme ; il y a ensuite le nationalisme linguistique ; le nationalisme culturel qui a pour mission de préserver l'identité culturelle française ; le nationalisme économique qui s'oppose à l'importation de produits étrangers (forme de protectionnisme) ; enfin, le nationalisme français qui peut être divisé en 2 :
_ Nationalisme ouvert : symbole de la démocratie, de la liberté. C'est un nationalisme de gauche, à la fois modéré et pas réactionnaire
_ Nationalisme fermé : c'est le plus dur, il est divisé en 2 courants à l'heure actuelle qui sont le FN et le MNR.
Chapitre 2 : Les régimes politiques
Section 1 : Les régimes autoritaires, dictatures et totalitarisme
Le régime principal est le mode d'existence politique d'une collectivité sociale (la nation ou encore l'Etat). Selon J.L Quermonne, le régime politique est un des éléments d'ordre idéologique, institutionnel et sociologique qui concurrent à former le gouvernement d'un pays pendant une période déterminée. Selon l'auteur, la notion de régime politique comporte 4 composantes :
_ Le principe de légitimité
_ La structure des institutions
_ Le système des partis politiques
_ La forme et le rôle de l'Etat
La légitimité d'un régime politique est garantie par des règles et acceptée par les citoyens. Ces règles sont formalisées dans les démocraties occidentales dans un texte appelé la constitution. Cette constitution comprend toujours un préambule qui fait lui-même référence à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, et à d'autres textes.
Dans de tels régimes, le pouvoir est concentré dans les mains d'une seule personne. De même, les libertés fondamentales sont presque inexistantes.
I/ Les formes anciennes de régimes autoritaires
A/ La classification d'Aristote
Aristote est le premier à avoir tenté d'établir une classification des régimes politiques : les régimes purs et les régimes corrompus.
S'agissant des formes pures, dans ces régimes, les dirigeants gouvernent dans l'intérêt général tandis que dans les formes corrompues, les dirigeants gouvernent dans leur propre intérêt.
Dans les formes pures, Aristote distingue 3 séries de régime :
_ La monarchie : lorsque le gouvernement appartient à un seul homme
_ Le régime aristocratique : dans ce régime, le gouvernement appartient à plusieurs membres
_ La république où le pouvoir est exercé par des représentants.
Il y a 3 régimes de forme corrompue :
_ Tyrannique
_ Oligarchie
_ Démocratie
De même, Aristote présente une analyse dynamique des régimes politiques. Pour cet auteur, les régimes politiques ne sont pas figés, ils évoluent suivant un cycle de transformation sociale. Il avance plusieurs raisons :
_ Les causes générales : elles peuvent être à l'origine de la disparition d'un régime politique lorsqu'il y a des manifestations contre le pouvoir. Le facteur géographique est prie en compte avec le déséquilibre entre les différentes parties du territoire. Facteurs sociaux avec les divisions entre les classes
_ Les causes particulières : il s'agit des abus de pouvoir des gouvernants. Ces causes peuvent également être à l'origine de la disparition d'un régime.
B/ Absolutisme, despotisme et dictature
L'absolutisme désigne historiquement en France la conception qui a servi aux monarques à asseoir leur autorité. Cela signifie aussi que le roi est supérieur aux sujets. Il tient son pouvoir de Dieu. Il est délié des lois. Cela signifie aussi que le pouvoir royal est un pouvoir illimité.
Le despotisme est un régime qui est condamnable car le despote est toujours supérieur aux autres. Ce qui caractérise le despotisme, c'est l'arbitraire. Or dans un tel régime, les règles démocratiques ne sont pas respectées. Le despote se distingue du tyran par le mode d'acquisition du pouvoir. C'est un régime autoritaire.
La dictature est une forme ancienne de régime politique. Dans ce régime, les libertés fondamentales sont presque inexistantes. Il n'y a pas non plus d'alternance entre les différentes formations politiques car le pouvoir est détenu par un leader que l'on qualifie couramment de dictateur.
II/ Les formes contemporaines de régimes autoritaires
A/ L'imprécision des notions
Dans ces régimes autoritaires, l'exercice du pouvoir est détenu par un leader. Ces régimes se caractérisent par le refus du jeu démocratique, c'est à dire le refus catégorique d'organiser des élections libres et transparentes entre différentes formations politiques.
A la différence des régimes politiques démocratiques, les régimes autoritaires contrôlent la vie politique. Dans un tel régime, le recrutement des dirigeants politiques relève de la captation.
B/ Les fascismes
Concernant les pays fascistes, c'est un régime différent du régime autoritaire. C'est une doctrine révolutionnaire qui veut toujours remettre en cause l'ordre établi. C'est un régime qui refuse les règles démocratiques. Il se caractérise par un refus du libéralisme. Sur le plan économique, ce régime refuse le capitalisme. Sur le plan politique, l'Etat fasciste est totalitaire car les libertés fondamentales sont de plus en plus supprimées. Il n'y a pas non plus de syndicats. En revanche il y a un parti unique.
III/ Le totalitarisme
A/ Définition du totalitarisme
Les régimes totalitaires se distinguent fondamentalement des régimes autoritaires. Il n'y a pas un définition unique du mot totalitarisme car la notion fait l'objet de divergences doctrinales. Certains auteurs ont même soutenu que le totalitarisme n'était pas un concept de sciences politiques. Ce qui caractérise le système totalitaire, c'est la domination totale. En effet, cette domination permet de faire la distinction avec d'autres régimes politiques de dictature et de tyrannie.
R. Aron a voulu définir le totalitarisme avec 5 éléments :
_ Il intervient dans un régime qui accorde à un seul parti le monopole de l'activité politique
_ Il confère une autorité absolue à une seule personne, et cette personne détient la vérité officielle
_ Le monopole des radios et T.V, ainsi que de la presse écrite
_ Les activités économiques et professionnelles sont soumises à l'Etat
_ Les activités économiques sont soumises à une idéologie.
B/ Les traits du totalitarisme
C'est un système qui prétend dire la vérité. Dans ce système, le pouvoir se présente comme la source de la vérité. Et le détenteur de cette vérité doit la faire connaître par une propagande. CE système est fondé sur la violence omniprésente. On conclut que ce régime a des conséquences sur la société humaine.
Section 2 : Les régimes démocratiques
Ces régimes sont différents des régimes totalitaires. Le principe de la séparation des pouvoirs est strictement respecté ( pouvoir législatif, exécutif). De même, le pluralisme syndical est garanti par des normes.
I/ La notion de démocratie
A/ Le contenu de la démocratie
La plupart des pays occidentaux se prétendent démocratiques. Selon A. de Tocqueville, la démocratie c'est d'abord et avant tout l'égalité des conditions de vie, c'est à dire la participation du peuple à la gestion. Traditionnellement on définit le gouvernement du peuple par le peuple. La démocratie repose donc sur le principe selon lequel le pouvoir appartient au peuple. Mais la mise en œuvre de ce principe varie en fonction de la forme de démocratie retenue car il en existe 3 :
_ Démocratie directe
_ Démocratie semi-directe
_ Démocratie représentative
1°- Démocratie directe
Forme la plus pure de la démocratie. IL s'agit d'un régime dans lequel le peuple exerce directement le pouvoir. Il détient lui-même la souveraineté populaire. Dans un tel régime, chaque citoyen dispose d'une parcelle de souveraineté. Mais sa mise en œuvre est impossible à l'heure actuelle.
2°- Démocratie semi-directe
Elle implique la coexistence d'organes représentatifs et de procédures d'intervention populaires directes. Longtemps, la démocratie semi-directe n'a été pratiquée que par quelques rares Etats (Suisse, U.S.A). Cette démocratie permet aux citoyens de participer à la prise de décisions.
3°- Démocratie représentative
C'est la forme la plus connue, la plus répandue. Dans la conception française, la démocratie représentative repose sur la souveraineté nationale. Cette souveraineté est gérée par des représentants (sénateurs, ...)
D'une manière générale, le système représentatif repose sur le postulat selon lequel le peuple veut matériellement exercer lui-même la souveraineté nationale. Cette conception de la démocratie représentative a été retenue par les auteurs et rédacteurs de la Constitution de 1958.
B/ La démocratie, forme de gouvernement
Dans tous les États démocratiques, il existe un gouvernement qui représente le pouvoir exécutif. Le pouvoir est assuré par les représentants du peuple qui sont élus au suffrage universel direct. C'est un gouvernement qui agit dans l'intérêt général, c'est à dire l'intérêt de la population, des citoyens.
II/ L'unité ou lu dualité de la démocratie
La question principale que l'on peut poser est celle de savoir s'il existe une seule conception de la démocratie ou 2, c'est à dire la démocratie libérale et la démocratie marxiste.
A/ L'opposition historique entre démocratie libérale et marxiste
Quand on parle de démocratie libérale, on pense en effet à la démocratie politique et économique et sociale. La démocratie politique se rattache à un certain courant philosophique qui englobe aussi bien les éléments dus à l'héritage chrétien qui caractérise la pensée occidentale au 18ème siècle.
Il y a ensuite la démocratie économique et sociale. Cette démocratie a été souvent confondue avec la démocratie marxiste mais c'est faux. La démocratie marxiste se définit à partir d'une certaine philosophie, elle se traduit par certains procédés qui apparaissent comme étant l'antithèse des procédés de la démocratie libérale.
Dans la démocratie marxiste, le suffrage universel ne peut être utilisé pour parvenir à l'instauration de la société révolutionnaire. En effet, pour cette doctrine, le suffrage universel constitue sans aucun doute un moyen pour la classe bourgeoise d'asseoir sa domination sur d'autres classes. Un certain nombre d'auteurs pensent que le refus du suffrage universel par la démocratie marxiste est motivé par les considérations pratiques, c'est à dire que le suffrage universel serait susceptible de ramener au pouvoir les anciennes classes dirigeantes.
Dans une démocratie libérale comme en France, le principe de la séparation des pouvoirs est strictement respecté par les différentes institutions publiques.
En revanche, dans la démocratie marxiste, le principe de la séparation des pouvoirs est inexistant car on affirme le principe de l'unité du pouvoir.
En effet, pour les marxistes, la séparation des pouvoirs n'est qu'une façade car le vrai pouvoir est détenu par une minorité, celle des élites.
B/ La fin de cette opposition (démocratie libérale et marxiste)
Les éléments qui sont à l'origine de l'effondrement du système communiste sont à l'origine de la fin de l'opposition entre ces 2 formes de démocratie. Désormais, il existe dans la plupart des pays occidentaux une seule forme de démocratie, c'est la démocratie libérale.
III/ L'évolution contemporaine des démocraties
Les régimes démocratiques subissent une évolution mais ce ne sont pas les principes qui changent mais les conditions de vie sociale. Parmi les causes de cette évolution, il y a les techniques. Ces nouvelles techniques modifient la vie quotidienne des citoyens en la rendant plus facile.
A/ La croissance du pouvoir
Elle englobe plusieurs éléments parmi lesquels la personnalisation du pouvoir, puis la corruption. La personnalisation du pouvoir est une expression très fréquemment utilisée dans les démocraties occidentales. Cette notion en recouvre elle-même 2 autres.
1°- La personnalisation du pouvoir
C'est un phénomène récent, c'est la manière dont le détenteur réel ou supposé du pouvoir est représenté par l'opinion publique. Quand on parle de personnification du pouvoir, cela évoque presque toujours la personnification du pouvoir politique au profit d'un organe qui est le pouvoir exécutif. Cette personnalisation joue à échelon national et local.
Quelles sont les causes de la personnification ?
Elles sont multiples : parmi elles, le développement des techniques de communication qui jouent un rôle fondamental. En effet, la plupart des dirigeants politiques utilisent couramment les moyens de communication pour faire connaître le programme du parti. Ces moyens sont indispensables dans un État démocratique car ils permettent à l'opinion publique de suivre la politique menée par le gouvernement.
2°- L'action de persuasion du pouvoir
La concentration du pouvoir est un phénomène objectif, c'est la remise à une personne ou à u groupe d'hommes la plus grande partie de l'autorité politique. C'est un phénomène récent qui présente des inconvénients dans un État démocratique car elle peut se transformer en dictature.
Avantages dans la mesure où le gouvernement se voit attribuer de nouvelles compétences dans tous les domaines. Ces compétences sont la reconnaissance des responsabilités reconnues à l'État en matière économique et sociale.
C'est une propagande utilisée sous forme de publicité politique couramment appelé le marketing politique. De plus, c'est totalement différent du marketing.
En effet, le marketing électoral a pour objectif principal de convaincre un nombre élevé pendant la campagne électorale tandis que le marketing politique a pour objet l'optimisation du nombre de militants, c'est à dire le recrutement massif de militants afin de permettre le financement du parti. Il est différent du marketing commercial car il ne s'agit pas de vendre un produit. Le marketing politique est conforme aux règles démocratiques.
B/ L'acceptation du pouvoir
Dans la plupart des démocraties occidentales, l'exercice du pouvoir peut se heurter à l'opposition de la population mais quand on parle de l'acceptation du pouvoir, on parle de la participation de la population aux affaires publiques à échelon local et national.
En effet, si tous les citoyens se désintéressaient de la chose publique, la démocratie serait en péril, c'est pourquoi la participation de la population est indispensable dans un Etat de droit même si cette population ne peut pas exercer elle-même le pouvoir. Il y a ensuite la contestation qui est l'action de la population à l'encontre d'un régime politique. La contestation peut être exercée par l'opposition en place, ou à l'intérieur du pouvoir politique, c'est à dire dans le cadre d'un Etat de droit.
C/ La corruption
1°- La mesure de la corruption
Par opposition, il faut entendre l'action des groupes politiques contre les détenteurs du pouvoir. La corruption est devenu un véritable fléau dans les démocraties occidentales.
2°- Les mesures contre la corruption
C'est la raison pour laquelle le pouvoir législatif en France a adopté différents textes afin de moraliser la vie politique française. Toutes ces mesures ne sont pas efficaces car certaines formations politiques bénéficient d'un financement occulte.